Anciennes familles de Provence
     

 

du Grou


 

 

Famille d’officiers royaux venue de Champagne, installée à Aix en 1682, pourvue des plus importantes charges fiscales du pays, maintenue noble en 1714, et éteinte à l’époque de la Révolution.

L’ascension de la famille du Grou tient principalement à la carrière de Jean-Baptiste du Grou (1653-1707), nommé trésorier des Etats de Provence en 1700. Fils d’un procureur du roi à Chaumont en Bassigny, il est employé au secrétariat de la Marine à Paris en 1682 lorsqu’il part pour Aix, où il entre dans l’administration de la cour des Comptes, d’abord au terrier puis aux archives. Il avait bénéficié, pour ce poste, de la recommandation de deux magistrats, Alexandre et Timoléon Le Gras, qui avaient été chargés par le roi, quelques années plus tôt, de dresser l’inventaire des chartes composant le fonds de la cour des Comptes d’Aix. Originaires de Chaumont, tous deux étaient des intimes de M. du Grou, père (l’un d’eux était le parrain du frère aîné de Jean-Baptiste). Nommé receveur des saisies réelles en 1691, puis receveur des amendes et épices en 1693, Jean-Baptiste du Grou devient trésorier général des Etats en 1700 et enfin receveur général des domaines en 1702. Sa santé déclinant, il laisse la totalité de ses charges à son fils aîné, André-Georges du Grou (v.1683-1746). Ce dernier, devenu l’homme de confiance du maréchal de Villars, gouverneur de Provence, qui le soutiendra indéfectiblement face aux graves critiques portées sur sa gestion, n’échappera pas à la faillite en 1739. Marié à la fille du seigneur de Vaugines, trésorier général de France, il eut plusieurs fils : l’aîné, Jean-Baptiste du Grou (1707-1763) seigneur de Sulauze (fief créé pour son père, à Istres, en 1725), fut vice-consul en Egypte puis consul de France à Tunis de 1754 à 1762. Il perdit sa femme, ainsi que sa fille unique âgée de 23 ans, dans le naufrage du navire qui les ramenait de Tunis le 1er décembre 1758.

André-Alexandre du Grou de Saint-André (1710-1782), fils cadet, ainsi que ses autres frères Luc du Grou des Eguines et Joseph du Grou de Lirac, quitta la Provence pour suivre une carrière militaire. Décoré de la croix de Saint-Louis, il prit la succession en 1756 de Jean-Baptiste du Grou de Grandville, l’un de ses oncles, qui avait été durant 35 ans intendant du prince de Condé dans son comté de Clermont près de Verdun. Marié en 1744 à la fille d’un ancien officier des gardes du duc de Lorraine, héritière de sa maison, il laissa à sa mort deux filles, dernières du nom, qui firent passer l’héritage familial dans les familles de Bigault et de Guillermin.

Armes : d’argent à une fasce d’azur chargée d’une croix ancrée d’or et accompagnée en chef de deux étoiles de gueules et en pointe d’un croissant de même. Elles ont été enregistrées ainsi à l’Armorial général de 1696 pour Jean-Baptiste du Grou, alors commissaire des saisies réelles.

 

 

I – Edme du GROU procureur du roi au baillage et siège présidial de Chaumont en Bassigny, y habite rue de la Chapelle, et meurt avant 1682. Il n’était pas originaire de Chaumont ; selon une version, soutenue par les du Grou en 1714, la famille serait originaire de Franche-Comté et issue d’Arnould du Grou, comte de Montigny, vivant dans la première moitié du XVIe siècle. Epouse vers 1643, Marie DUFOUR, née le 8 juillet 1623 à Châteauvillain, fille de Simon, maître apothicaire et auparavant marchand de drap dudit lieu, et d’Aymone SCORDEL. Veuve, Marie Dufour rejoint son fils Alexandre à Aufferville en Gâtinais, dont il est le curé, et où elle est inhumée. D’où :

  1. Alexandre du GROU prêtre, curé de la paroisse Saint-Loup de Chatenoy, en Gâtinais, pendant huit ans, puis de la paroisse voisine d’Aufferville pendant treize ans de 1680 à sa mort, paroisse qu’il a gouvernée « avec un zèle et une charité digne d’un vénérable pasteur ». Sa dalle funéraire en l’église d’Aufferville porte encore que « Ces deux eglises qui estoient avant luy en très grand désordre ont esté reparez par ses soins. Il mourut le 22 avril 1694 age de 50 ans. Autant regretté par son mérite que par les secours qu’en recevoient les pauvres et son eglise ou il a fondé un annuel pour le repos de son âme et celle de sa mère qui y est aussy enterrée. Requiescant in pace » ; il était né à Chaumont et baptisé en l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste le 14 mars 1644 (parrain Alexandre Le Gras avocat au parlement, marraine dame Aimone Scordel veuve de honorable homme Simon Dufour marchand à Châteauvillain).
  2. Marguerite du GROU baptisée le 13 mars 1646 en l’église de Chaumont (parrain Nicolas Genevois greffier en la prévôté de Chaumont, marraine Marguerite du Four fille de feu Simon, bourgeois de Châteauvillain).
  3. Charlotte du GROU baptisée le 2 avril 1648 en l’église de Chaumont (parrain Pierre Le Clerc maître de la forge d’Escat, marraine Charlotte Jeffoy femme de Claude Perrin, avocat en parlement).
  4. Marie du GROU baptisée le 24 février 1650 en l’église de Chaumont (parrain François du Flot fils d’Eloy demeurant à Voussy, marraine Marie du Four demeurant à Châteauvillain).
  5. Jean-Baptiste qui suit,
  6. Nicolas du GROU brigadier dans les dragons du roi (1682), baptisé le 18 août 1655 en l’église de Chaumont (parrain Nicolas Hemonnot, prêtre et curé de Vrincourt, marraine Henriette Dufour femme de Jean Bailly, notaire royal demeurant à Linot).
  7. Marguerite Thérèse du GROU baptisée le 22 septembre 1658 en l’église de Chaumont (parrain Simon Dufour apothicaire, marraine Marguerite Picard).

II - Jean-Baptiste du GROU d’abord secrétaire de la Marine à Paris (à l’époque de son mariage en 1682), puis intéressé dans les affaires du roi en Provence, employé notamment au « papier terrier », c’est lui qui réalise, en tant que notaire commis, l’inventaire du chartrier de Provence en 1682 ; il est pourvu, par lettres royales du 2 août 1691, de la charge de commissaire-receveur des deniers des saisies réelles en Provence (charge qu’il revend au sieur de Langlée mais qu’il cherchera ensuite à faire supprimer, en conséquence d’un accord signé sous seing privé entre lui et les procureurs du pays le 23 novembre 1693, homologué en avril 1695), puis de receveur des amendes, épices et vacations de la cour des Comptes de Provence par provisions de novembre 1693 et arrêt du 5 juin 1694, puis de trésorier des Etats de Provence en 1700 (charge qu’il résignera en faveur de son fils en 1706), et enfin de la charge de receveur général des domaines et bois de Provence suivant provisions du 30 avril 1702 ; il avait fait enregistrer ses armes à l’Armorial général ; né à Chaumont où il a été baptisé le 27 avril 1653 (parrain Claude Aliot remplaçant Jean-Baptiste Guenot, prêtre, curé d’Orge, marraine Ursule Brigion femme de me Adrien Prévost, procureur au siège présidial), il meurt en charge en 1707. Epouse le 7 janvier 1682 en l’église d’Aufferville en Gâtinais dont son frère Alexandre venait d’être nommé curé un an plus tôt, Anne JARSEINS fille de feu noble Eléonard, conseiller du roi élu en l’élection de Bar-sur-Seine, maître des Eaux et Forêts de la prévôté d’Essoyes, et de Claude LE FEBVRE (qui avait un frère, Charles Le Febvre, chanoine de la cathédrale de Paris), les époux sont tous deux domiciliés en la paroisse Saint-Louis en l’île à Paris, l’époux est assisté de sa mère, de Nicolas Dugrou son frère, brigadier dans les dragons du roi, l’épouse est assistée de dame Marguerite Le Bascle veuve d’Achille de Picot chevalier, seigneur de Combreux, Chatenois et Lavaux en partie, d’Anne de Picot, et de Marie-Thérèse de Picot et plusieurs autres. Elle meurt à Aix le 10 juillet 1739 et est inhumée le lendemain en la paroisse de la Madeleine. D’où :

  1. André-Georges qui suit,
  2. Alexandre du GROU de CHUISNES chevalier, seigneur de Chuisnes, chef du conseil et secrétaire des commandements de M. le comte de Charolais, prieur et seigneur du prieuré de Chuisnes de 1711 à 1737, nommé dans les lettres de relief de dérogeance en 1714 ; nommé chevalier de l’ordre de Saint-Lazare et Notre-Dame du Mont-Carmel le 19 juin 1716 ; né le 30 janvier 1686 à Aix, baptisé le même jour en l’église Sainte-Madeleine (parrain Alexandre Le Gras écuyer et conseiller du roi, procureur du roi au domaine et papier terrier de Provence, marraine Thérèse de Franc) ; épouse avant septembre 1711, Louise BELLESME fille de Louis, et d’Anne MENANT.
  3. Jean-Baptiste du GROU de GRANDVILLE chevalier, seigneur de Grandville, nommé dans les lettres de relief de dérogeance en 1714 ; commandant et intendant du prince de Condé pour son comté du Clermontois de 1729 à 1755, également capitaine de ses chasses ; né le 17 mai 1687 à Aix, baptisé le 20 en l’église Sainte-Madeleine (parrain Jean de Turmenyes directeur et receveur général des domaines du roi en Provence, marraine Marie-Hélène du Frenoy). Epouse Suzanne de MONGIN. D’où :

    1. (Jeanne) Marie-Anne du GROU de GRANDVILLE née en 1731, épouse le 26 décembre 1748 en l’église d’Aubréville (Meuse), Nicolas de LISLE de MONCEL chevalier, seigneur de Moncel, Courcelles, Parois et autres lieux, capitaine de cavalerie au régiment de Condé, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, commandant, intendant et capitaine des chasses pour le prince de Condé dans le Clermontois, également lieutenant des maréchaux de France et grand louvetier dudit comté, âgé de 24 ans, né à Aubréville le 20 octobre 1724, fils de feu François, chevalier, seigneur de Courcel et Moncel, ancien major d’infanterie et pensionnaire du roi, et de Magdeleine GERVAISE de FREDEAU, les témoins au mariage sont Louis de Lisle chevalier, seigneur de Courcelles, Parois etc. ancien lieutenant de cavalerie, frère de l’époux, Louis Gervaise de Frédeau chevalier, seigneur de Fredeau, la Plume, chevalier de Saint-Louis, ancien major des carabiniers, pensionnaire du roi, demeurant à Verdun, oncle maternel, André-Alexandre du Grou, seigneur de Cheppy, chevalier de Saint-Louis, etc., cousin germain de l’épouse, laquelle signe Jeanne Marie Anne de Grandville, la bénédiction nuptiale est accordée par l’abbé de Noguez, vicaire général de l’évêque-comte de Verdun. Il se remarie en 1763 à Marie-Anne de LAVERGNE de MARCHEVILLE, puis à Mlle de FALLOIS, de Nancy ; il vend la seigneurie de Courcelles le 2 septembre 1780.

  4. Charles du GROU écuyer d’Aix, nommé dans les lettres de relief de dérogeance en 1714 ; né le 2 juin 1688 à Aix, baptisé le surlendemain en l’église Sainte-Madeleine (parrain Charles Le Guay secrétaire de Mr l’intendant, marraine Anne Giniaix).
  5. Pierre du GROU du CASTEL écuyer, seigneur du Castel, receveur des deniers imposés sur la vallée de Barcelonnette, nommé dans les lettres de relief de dérogeance en 1714 ; né le 4 mai 1690 à Aix, baptisé le lendemain en l’église Sainte-Madeleine (parrain Pierre de La Marillière intéressé aux fermes du roi, marraine Marguerite Durand).
  6. Arnoux du GROU écuyer, seigneur de Romigny, nommé dans les lettres de relief de dérogeance en 1714 ; né le 13 juin 1691 à Aix, baptisé le même jour en l’église Sainte-Madeleine (parrain Arnoux du Paslieu, marraine Claude Maingot), décédé le 19 février 1774 à Courville-sur-Eure près Chartres, âgé de 82 ans.
  7. Cardin Claude du GROU né le 30 juin 1692 à Aix, baptisé le 5 juillet en l’église Sainte-Madeleine (parrain Cardin Lebret fils du premier président intendant pour le roi en Provence, marraine Catherine Rose veuve de feu Mr de Langlée), mort jeune.
  8. Lucrèce du GROU née le 9 octobre 1694 à Aix, baptisée le même jour en l’église Sainte-Madeleine (parrain Nicolas Am… conseiller du roi intéressé dans les fermes, marraine, Lucrèce de Fournier).
  9. Jean-Pierre du GROU prieur commendataire de Chuisnes, nommé dans les lettres de relief de dérogeance en 1714 ; né à Aix, baptisé le 24 août 1696 en l’église Sainte-Madeleine (parrain Pierre de Marais, avocat en la cour, marraine Marie du Grou), décédé vers janvier 1751 à Paris.
  10. Louis du GROU écuyer, seigneur de Saint-Aubin, capitaine dans le régiment Royal Vaisseau, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, nommé dans les lettres de relief de dérogeance en 1714 ; né le 21 novembre 1698, baptisé le lendemain en l’église Sainte-Madeleine (parrain Louis Chartonnet contrôleur des domaines du roi, marraine Magdeleine Messar), décédé à Aix le 9 mai 1741 à l’âge de 42 ans, inhumé le même jour en l’église des Carmes Deschaux.

III – André-Georges du GROU écuyer d’Aix, seigneur de Sulauze, avocat au parlement de Provence, succède à son père dans ses quatre principales charges : de receveur des amendes du parlement de Provence (lettres du 13 juin 1706), de receveur général ancien, alternatif et triennal des domaines et bois de Provence (lettres patentes du 3 décembre 1707), puis en l’office de commissaire receveur des deniers des saisies réelles des cours supérieures d’Aix (lettres du 25 février 1708), est enfin nommé trésorier général des Etats de Provence en 1707 ; assigné pour prouver sa noblesse le 1er décembre 1708, il est déchargé de toute poursuite par ordonnance de l’intendant de Provence du 16 août 1709, en raison de sa charge de receveur des domaines et bois, anoblissante au second degré  et exercée avant lui par son père (noblesse personnelle toutefois) ; il est anobli définitivement ainsi que ses frères par l’obtention de lettres de relief de dérogeance signées par le roi à Versailles le 27 mai 1714 ; devenu l’homme de confiance du maréchal de Villars, gouverneur de la province, il est chargé par lui de gérer toutes ses affaires dans le pays ; accusé à deux reprises de malversation par l’archevêque et les Procureurs, il est défendu ouvertement et avec énergie par son protecteur, qui le fait renouveler dans ses fonctions en 1728, non sans peine, pour sept années ; avait obtenu, en mars 1725, des lettres patentes portant érection en fief de son domaine dit de « la Magdeleine » et autres biens contigus, à Istres, sous le nom de Sulauze, et fait construire à Aix l’hôtel Dugrou (25 rue Roux-Alphéran ; revendu par la suite à Antoine Palerne trésorier du Saint-Père à Avignon); il est déclaré en faillite en 1739, son office de receveur des domaines est saisi et vendu au sieur Jean-Charles Callas ; né vers 1783, il meurt en 1746. Epouse le 14 novembre 1705 en l’église de Vaugines (Vaucluse), Charlotte de BOULIERS de VAUGINES âgée de 25 ans, née à Vaugines et baptisée le 19 août 1660, fille de Joseph, écuyer, seigneur de Vaugines, trésorier général de France, et de Catherine de CHABERT. D’où :

  1. Jean-Baptiste (Joseph Michel) qui suit,
  2. Madeleine du GROU née le 28 janvier 1709 à Aix, baptisée le même jour en l’église Sainte-Madeleine (parrain Alexandre du Grou, prieur et seigneur de Chuisne, chevalier de l’ordre de Saint-Lazare, marraine Magdeleine de Chabert de Citrany).
  3. (André) Alexandre du GROU de RUTANT de SAINT-ANDRE, chevalier, seigneur en partie de Cheppy, Verry et Autrécourt par son mariage, premier capitaine de grenadiers au régiment de Bourbon infanterie, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, pensionnaire du roi et dudit ordre, succède en 1756 à son oncle Jean-Baptiste du Grou, seigneur de Granville, comme intendant et commandant pour le prince de Condé dans le Clermontois et dépendances, également grand maître des eaux et forêts et capitaine des chasses dudit prince ; né à Aix le 5 mars 1710, baptisé le même jour en l’église Sainte-Madeleine (parrain Alexandre du Grou seigneur et prieur de Chuisnes et chevalier de l’ordre de Saint-Lazare, marraine Catherine de Chabert Vaugine), décédé à Varennes-en-Argonne le 6 février 1782, âgé de 71 ans ; épouse le 10 décembre 1744, Elisabeth-Marie de RUTANT de CHEPPY née le 4 juillet 1727 à Cheppy, fille et héritière de Robert, chevalier, seigneur de Cheppy, Verry en partie et d’Autrécourt, exempt des gardes du corps du duc de Lorraine, et de feue Marie BOURGEOIS (décédée à 25 ans en 1731), en présence du père de l’épouse, de Robert des Champs de Parois, oncle et curateur de l’épouse, de Nicolas Lescamoussier, de Luc du Grou des Eguines, frère, de Jean-Baptiste du Grou de Grandville, oncle. Le 27 octobre 1772 ils vendent leur maison du château de Varennes-en-Argonne au prince de Condé. Elle meurt à Varennes le 24 mars 1786. D’où :

    1. Louise-Marie-Anne du GROU née le 1er novembre 1745, baptisée le même jour en l’église de Cheppy (parrain Robert de Rutant chevalier, seigneur de Cheppy, Verry et Autrecourt, marraine Louise de Belleme épouse d’Alexandre du Grous chevalier, seigneur de Chuines, chef du Conseil de Mgr de Charolais, représentée par Marie-Anne du Grou fille de Jean-Baptiste chevalier, seigneur de Grandville, intendant et commandant de Mgr le prince de Condé et de dame Suzanne Mongin).
    2. Suzanne-Alexandrine du GROU de CHEPY née le 13 mai 1750, baptisée le lendemain en l’église de Cheppy (parrain Alexandre du Grou de Chuisnes chevalier, chef du conseil de SAS Mgr le comte de Charolais, représenté par Jean-Baptiste du Grou chevalier, seigneur de Granville, intendant et commandant etc., marraine Suzanne Mongin de Granville son épouse, de la paroisse de Varennes), épouse le 28 mars 1769 en l’église de Varennes, Jean-Baptiste de BIGAULT de PREFONTAINE chevalier, seigneur de Préfontaine, Grandham, Cheppy et autres lieux, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, pensionnaire du roi, capitaine au corps royal de l’artillerie détaché pour le service du roi à Charleville, commandant intendant et capitaine des chasses pour le prince de Condé dans le Clermontois en survivance avec exercice; né le 18 septembre 1734 à Granham (Marne), fils de feu Jean-Baptiste, écuyer, seigneur de Préfontaine et Grandham en partie, officier des gendarmes de la garde du roi, et chevalier de l’ordre de Saint-Louis, et de feue Marie-Anne de Gruthus, en présence de François Charles Joachim Baudouin, écuyer, seigneur d’Aulnay, Tours-sur-Marne, Bonzy et Brauf, cousin germain paternel de l’époux, demeurant à Châlon, Richard Godinet avocat en parlement, procureur général au baillage de Clermont séant à Varennes et trésorier de l’extraordinaire des guerres, son ami, demeurant à Verdun, André Alexandre du Grou père de l’épouse, Luc du Grou chevalier seigneur des Eguines, lieutenant-colonel d’infanterie, chevalier de Saint-Louis et pensionnaire du roi, son oncle paternel, demeurant à Varennes.
    3. (Charlotte) Jeanne du GROU de VERY née le 9 janvier 1753 à Cheppy, baptisée le lendemain en l’église paroissiale (parrain Jean-Baptiste du Grou chevalier, seigneur de Grandville, commandant et intendant dans le Clermontois, marraine Charlotte de Rutant de Champs épouse de Joseph Ferdinand de Champs seigneur de Parois, y demeurant) ; épouse le 12 mars 1778 en l’église de Varennes, Alexandre de GUILLERMIN, dit le Chevalier de Guillermin, chevalier, seigneur de Corny, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Etienne de Toscane, ancien sous-lieutenant des troupes de l’empereur, âgé de 27 ans, demeurant à Gorse diocèse de Metz, fils de feu messire de Guillermain, chevalier, seigneur de Corny, capitaine des gardes de Léopold duc de Lorraine et de Bar, et général major des troupes de Toscane, et de feue Ne de VUCHY, en présence de Pierre-Etienne des Portes de Pardaillan, colonel chef de brigade du corps royal du génie, Jean Médart de Goblet prêtre et chanoine de l’église de Gorse, seigneur de Malancourt et Haucourt, amis de l’époux, de Louis-Joseph du Grou chevalier, seigneur de Lirac, ancien officier d’infanterie, oncle paternel de l’épouse, Jean-Baptiste-Louis de Bigault, chevalier, seigneur de Préfontaine et de Granhan, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, pensionnaire du roi, commandant intendant et capitaine des chasses pour le prince de Condé dans le Clermontois, son beau-frère, Jacques Vidien François Puyou seigneur de Bonneval, commissaire de la recherche des fiefs et domaines du prince de Condé, et du plein commandement du père de l’épouse qui n’a pu se trouver à l’église à cause de ses infirmités. Emigré.
    4. Joseph Ferdinand du GROU décédé à l’âge de neuf mois le 28 août 1757 à Cheppy, inhumé en l’église paroissiale.
    5. Lucrèce Charlotte du GROU née vers décembre 1712/janvier 1713, décédée le 14 août 1713 à Aix, âgée de 8 mois, inhumée le même jour au couvent des Carmes déchaussés.

  4. Luc du GROU des EGUINES chevalier, seigneur des Eguines, capitaine de grenadiers au régiment de Bourbon infanterie, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, lieutenant-colonel d’infanterie, pensionnaire du roi, né le 6 mars 1715 à Aix, baptisé le même jour en l’église Sainte-Madeleine (parrain Luc de Beaumont écuyer et syndic de Provence, marraine Marie-Anne Genieis Chartonnet), épouse le 24 novembre 1751 en l’église Saint-Pierre de Landrecies (Nord), (Marie-Magdeleine) Marguerite BONIFACE, veuve de Louis-Henri Dumas, chevalier de Saint-Louis, major de la place de Landrecies. Elle meurt à Varennes, à l’âge d’environ 64 ans, le 9 février 1771, inhumée le lendemain au couvent des cordeliers de cette ville.
  5. Charles-Marius du GROU né le 22 mai 1718 à Aix, baptisé le lendemain en l’église Sainte-Madeleine (parrain Joseph Marius Gros, écuyer, marraine Marianne de Robert d’Escragnolle).
  6. Pierre-Louis du GROU né jumeau le 18 décembre 1719 à Aix, baptisé le lendemain en l’église Sainte-Madeleine (parrain Pierre du Grou écuyer, marraine Louise de Bouliers de Vaugine).
  7. Arnoux du GROU né jumeau le 18 décembre 1719 à Aix, baptisé le lendemain en l’église Sainte-Madeleine (parrain Arnoul du Grou écuyer, marraine Anne du Grou).
  8. Joseph-Louis du GROU de LIRAC chevalier, seigneur de Lirac, officier d’infanterie au régiment d’Alsace, né le 25 mars 1722 à Aix, il est présent le 19 mars 1789 à l’assemblée de la noblesse du baillage de Clermont en Argonne pour la nomination des députés aux Etats-Généraux de Versailles ; baptisé le lendemain en l’église Sainte-Madeleine (parrain Joseph de Coriolis, marraine Louise de Bouliers de Vaugine).

IV - Jean-Baptiste du GROU de SULAUZE écuyer, seigneur de Sulauze, vice-consul de Rosette le 27 juillet 1749 puis d’Alexandrie de 1751 à 1754, il est nommé consul de France en la ville et au royaume de Tunis par ordonnance du 22 avril 1754 et jusqu’à sa retraite en 1762, il fut notamment obligé d’évacuer le consulat et de fuir lors de la prise de la ville par les Algériens à l’été 1756 ; né le 29 septembre 1707 à Aix, baptisé le lendemain en l’église Sainte-Madeleine (parrain Joseph de Bouliers seigneur de Vaugines, marraine Anne Jarseins du Grou), il meurt à Aix à l’âge de 56 ans, et est inhumé le 8 décembre 1763 en la paroisse Sainte-Madeleine à Aix. Epouse par contrat du 24 janvier 1734 (Jean-Pierre Thibaut, notaire à Aix), Magdeleine-Thérèse de CYMON âgée de 20 ans, née à Aix le 20 octobre 1713, fille de Sextius (v.1684-1728) docteur en droit et avocat au parlement, et d’Anne-Françoise de Lordonnet. Ayant suivi son mari à Tunis, « éprouvée par le climat d’Afrique et sa santé s’altérant de jour en jour, ainsi que le constatent le rapport et l’attestation de divers négociants français et médecins établis à Tunis, elle quitte cette ville avec sa fille unique et s’embarque sur le vaisseau ragusien, la Polaire, commandé par le capitaine Marc, à destination de Gênes ; poussée par la violence du vent, la Polaire vient échouer et se briser sur les rochers de la plage d’Aleria, en face de Campoloro, île de Corse, entre les tours de la Paduletta et de la Bruneta, à 6 milles de la montagne au sommet de laquelle se trouvait le couvent des Pères Récollets de Campoloro ; après quelques heures de vaines tentatives de sauvetage organisé par le P. Léonard de Campoloro, gardien de ce couvent, qui fut témoin et raconte dans une lettre au mari les péripéties émouvantes de ce naufrage, arrivé le 1er décembre 1758, la dame de Sulause et sa fille furent englouties dans les flots et leurs corps ramenés au rivage furent ensevelis au cimetière du couvent desdits P. Récollets ». (Histoire d’Esparron-de-Pallières par Fernand Cortez in Bull. Soc. de Draguignan, 1886, p.176). D’où :

  1. André Jean-Baptiste du GROU de SULAUZE né le 7 novembre 1734 à Aix, baptisé le lendemain en l’église Sainte-Madeleine (parrain André-Georges du Grou, conseiller du roi et receveur des deniers, marraine Anne Françoise de Lordonnet de Simon), décédé à l’âge de 8 mois le 26 juillet 1735, inhumé le lendemain.
  2. Anne-Madeleine du GROU de SULAUZE née et ondoyée le 2 novembre 1735 à Aix, baptisée le même jour en l’église de la Madeleine (parrain Joseph de Gilles de Mousse, écuyer, marraine Anne Jarsein Dugrou), périt avec sa mère le 1er décembre 1758 sur les rivages de la Corse, dans le naufrage du navire les ramenant de Tunis, âgée de 23 ans.

 

 
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