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Anciennes familles de Provence | |||
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(de) Ruffi ![]() Famille d'origine piémontaise installée au début du XVIe siècle
à Marseille, où elle exerce les offices de judicature, et
s'illustre au XVIIe siècle par deux historiens provençaux.
Agrégée au second ordre, elle est anoblie par charge de
conseiller d’Etat (1654) et maintenue noble (1668). Elle
prétendra plus tard être issue des princes Ruffo di Calabria et
adoptera à cet effet les armes de cette famille. Le prince Ruffo
della Scaletta la considérera comme une branche parente. Les
Ruffi s’éteignent à Marseille en 1843.
I - Anselme RUFFI originaire de Pornassio, dans la vallée de l’Arroscia en Ligurie, serait venu se fixer à Grimaud, meurt en 1496 ; épouse à Grimaud, Guilheaume THOMAS d’où :
II - Barthélémy RUFFI ou Roux, qualifié nobilis et egregius vir, étudiant en droit et élève d’André Alciat, licencié et docteur en droits, avocat au parlement de Provence, notaire royal et au greffe, habile jurisconsulte, se fixe à Marseille où il obtient des lettres de citadinage, acquiert une maison à Marseille rue du Petit Mazeau (1539), assesseur de la ville de Marseille (1541), juge de la judicature de Saint-Lazare à Marseille (28 octobre 1543), député aux Etats de Provence, juge de Saint-Louis (1555), teste le 27 août 1567, laisse sa charge de notaire à son fils (10 septembre 1567); né vers 1485, meurt le 5 octobre 1567 ; épouse par contrat du 4 février 1535 à Aix (Claude Maliverny, not.), Batrone de LANS fille d’Estienne, orfèvre argentier, conseiller de ville (1526), et d’Eygline LOUP, en présence des témoins Honoré Féraporte, Augier Alby, et Estienne Fabry, d’Aix. Elle meurt en 1546-1547. D’où :
III
- Robert RUFFI clerc, notaire royal de Marseille à
la suite de son père (minutes de 1565 à 1605), qualifié
écuyer, greffier de l’évêché, secrétaire du conseil de ville
(1575, 1582), archivaire de la ville (29 juin 1593, démis de
ses fonctions en novembre 1596), historien et poète, auteur de
Mémoires sur l’histoire de Marseille restés
manuscrits, teste le 10 octobre 1588 puis le 21 février 1630
(Audier, not.), par cet acte il lègue 1200 livres à ses
petits-enfants Jean-Baptiste Claude et Marthe Croiset, lègue à
son fils Pierre sa maison rue du Grand Puits près du Petit
Mazeau et sa bastide de Montolivet qu’il a achetée le 27 avril
1595 et où il avait fait planter des vignes et de nombreux
fruitiers ; baptisé le 3 avril 1542 en l’église Notre-Dame des
Accoules (parrain Me Robert Huet, commandeur du Saint-Esprit,
marraine Urbane Cabre, témoins Me Achassy et Marquet Flotte),
décédé le 25 janvier 1634, à l’âge de 92 ans, inhumé le 30 aux
Accoules dans le tombeau qu’il a fait construire près de la
grande porte à gauche; épouse par contrat du 24 avril 1564 à
Tarascon, et religieusement le 12 novembre suivant à
Marseille, Marthe de MORINEAU décédée le 29 septembre 1620,
fille de François, écuyer de Tarascon et viguier de Marseille
(1577). D’où :
IV
- Pierre de RUFFI bourgeois de Marseille, qualifié
écuyer, participe aux événements de la réduction de Marseille
(février 1596), consul de France à Gênes (1596), capitaine du
quartier du Corps-de-Ville (1618), second consul de Marseille
(1635), recteur gentilhomme de l’hôpital du Saint-Esprit
(1640), baptisé le 26 avril 1575 en l’église collégiale
Notre-Dame des Accoules (parrain Pierre Beissan, premier
consul, marraine Polixène Estienne femme de Mr de Venelles),
décédé ab intestat le 8 janvier 1643 ; épouse 1) par contrat
du 1er février 1594 à Marseille, Françoise du BOIS fille
d’Annet écuyer, et de Magdeleine MARQUEZY. 2) le 6 novembre
1623 en l’église des Accoules, Catherine TEMPLE âgée de 50
ans, baptisée le 20 juillet 1573 à Marseille, veuve de Simon
CONSTANS, fille de feu Balthasar, et d’Hugone TARDIEU. D’où,
du premier mariage :
V - Antoine de RUFFI écuyer, conseiller du roi au
siège de la sénéchaussée de Marseille (provisions du 3 janvier
1631), hérite de son père sous bénéfice d’inventaire (sentence
du 25 février 1643), participe à l’élaboration du Règlement
du sort réformant l’élection des officiers municipaux
(1652), résigne sa charge (16 mars 1654), ayant été nommé
conseiller du roi en ses Conseils d’Etat et Privé et des
finances, aux gages de 2.000 livres annuels, en considération
de ses services (lettres patentes du 10 janvier 1654,
prestation de serment le 24 septembre 1655), fait partie des
12 gentilhommes les plus apparents de Marseille (délibération
du 28 juillet 1656), premier consul de Marseille (1657),
maintenu noble (jugement du 29 novembre 1668), archiviste de
la ville, historien et érudit, auteur d’une Histoire de
la Ville de Marseille des origines à 1610 (1642),
d’une Vie de Gaspard de Simiane (1655), d’une Histoire
des comtes de Provence (1655), d’une Histoire
curieuse des généraux des galères dans le Père Anselme,
teste le 11 novembre 1688 ; né le 20 juin 1607, baptisé le 24
juin en l’église des Accoules (parrain Anthoine Bionneau,
général des finances, marraine Marquise de Beissan), décédé le
6 avril 1689 à Marseille en sa maison de la rue Saint-Louis
(auj. Tapis-Vert), inhumé le lendemain aux Accoules ; épouse
le 7 avril 1631 en l’église Saint-Laurent de Marseille,
suivant contrat du même jour (Gaspard Carlon, et Arnaud,
not.), Claire de CIPRIANI fille de Jean-Paul écuyer, seigneur
de Trébillane, et d’Honorade de FORBIN GARDANNE, l’époux est
assisté de son aïeul Robert de Ruffi et reçoit de son père
tous ses biens après sa mort, et 10.000 livres pour son
mariage, l’épouse est dotée de 15.000 livres, dont 6.000 payés
comptant. Décédée le 11 mai 1697 et ensevelie le lendemain au
cimetière des Accoules. D’où :
VI - Louis-Antoine de RUFFI écuyer de Marseille,
élève au collège de l’Oratoire à Marseille, administrateur des
hôpitaux, recteur de l’hôpital des Pauvres Enfants Abandonnés
(1692), il refuse de payer une taxe à laquelle il estimait ne
pas être tenu, ce qui lui vaut d’être exilé à Castelnaudary
par lettre de cachet (13 septembre 1695), ne regagne Marseille
qu’après avoir adressé une supplique à l’intendant des
finances Pontchartrain, nommé membre du bureau de l’hôpital
Saint-Lazare (28 octobre 1697), est choisi pour être l’un des
douze directeurs chargés de l’agrandissement de la ville (10
novembre 1697) ; historien, il poursuit l’œuvre de son père en
publiant une édition augmentée de son Histoire de
Marseille (1696), et dont les frais d’édition sont
financés en partie par la ville (délibération du 22 août
1695), de Dissertations historiques et critiques sur
l’origine des comtes de Provence (1712), une Histoire
de saint Louis évêque de Toulouse (1713), et une
histoire des évêques de Marseille restée manuscrite ; teste le
16 février 1705 (Fabron, not.), puis le 21 juillet 1720
(Grosson, not.), alors frappé d’une hémiplégie ; né le 30
décembre 1657 à Marseille, baptisé le même jour en l’église
Saint-Martin (parrain Louis de Vento, marraine Anne de
Bernier), décédé le 26 mars 1724 en sa maison de Marseille,
rue Saint-Louis, inhumé le surlendemain aux Accoules ; épouse
le 2 mai 1688 en l’église Saint-Martin de Marseille, suivant
contrat reçu la veille (Mabilly, not.), Jeanne de SEIGNEURET
fille de feu Louis, écuyer, et de Louise de SAVOURNIN, des
seigneurs d’Aiglun. Décédée le 12 février 1737, ensevelie aux
Accoules. D’où :
VII
- Joseph François de RUFFI écuyer de Marseille, né
le 7 mai 1698 à Marseille, baptisé le même jour en l’église
Saint-Martin (parrain Robert Fortuné de Ruffi écuyer, marraine
Louise Barbe de Vento baronne de Fox-Amphoux), décédé le 13
mai 1737 à Marseille, inhumé le lendemain au tombeau de ses
ancêtres en l’église des Accoules, épouse le 6 novembre 1727
en l’église Notre-Dame des Accoules à Marseille, Claire de
GARNIER de Cassis, fille de feu Honoré, et de Claire GUERIN.
D’où :
VIII
- Henri de RUFFI écuyer, né vers le 18 novembre
1733 à Marseille, baptisé le même jour en l’église
Saint-Martin (parrain Henry Garnier, marraine Françoise
Garnier), décédé le 13 février 1780 à Marseille, enseveli le
lendemain en l’église Saint-Martin, épouse 1) le 24 avril 1759
en l’église Saint-Martin de Marseille, Thérèse (Reine) ROUX
fille de Marc-Antoine, négociant, et de Thérèse DALLEST, en
présence des témoins Dominique Pamphile Pellissier de
Pierrefeu écuyer, Charles Brunet écrivain du roi, Jean-Pierre
Ripert négociant, et Jean-Antoine Roux avocat en la cour,
l’époux signe Ruffi, l’épouse Thereze Roux.
2) le 13 septembre 1763 en l’église Saint-Martin de Marseille,
Jeanne (Marie) CROUZET ou Croizet, fille de Joseph, bourgeois,
et d’Anne ARNAUD, l’épouse signe Jeanne Marie Crouzet.
D’où, du second mariage :
IX – Bruno de RUFFY écuyer, propriétaire, fait un testament olographe le 13 juin 1837 (déposé chez Mascré, not.), par lequel il institue héritier et légataire universel Louis Girard du Demaine, et lègue 7000 fr. aux pauvres de la Petite Miséricorde de Marseille ; né en avril 1770, décédé le 26 octobre 1843 à Marseille, dans sa propriété de Saint-Barnabé. Sans alliance, il est le dernier de sa famille.
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