Anciennes familles de Provence
     

 

(de) Gassendy


 

 

La famille de Gassendy est originaire de la ville de Digne où son auteur, François Gassendi, est en 1503 notaire et procureur royal, et rentier au terroir de Sigoyer. Son fils, Gervais Gassendi, et son petit-fils, Barthélémy Gassendi, sont tous deux marchands. Ce dernier, installé par son mariage en 1561 à Riez, premier consul en 1586, laisse au moins deux fils : Honoré Gassendi, notaire royal, propriétaire du domaine de Campagne avec une partie des rentes de la ville de Riez – revenus fonciers alors partagés entre plusieurs familles, et Antoine Gassendi, auteur des deux branches cadettes.

D’Honoré Gassendi sont nés plusieurs fils : Marc-Antoine Gassendy, l’aîné, avocat au parlement, installé à Digne en raison d’une charge de lieutenant du roi au sénéchal, acquiert en 1645 la terre de Tartonne. Son fils Jean-Pierre Gassendy lui succède à la lieutenance de Digne, puis achète une charge de conseiller à la cour des Comptes en 1657, puis de président des enquêtes au parlement de Provence en 1675, et meurt en 1721, nonagénaire et « doyen de tous les magistrats du royaume ». Ses descendants conserveront le nom de Tartonne jusqu’à l’abbé Gassendi de Tartonne (1751-1831), prêtre constitutionnel, et député des Basses-Alpes.

Prosper Gassendi, fils cadet d’Honoré, est l’auteur de la branche de Campagne : installé à Aix d’abord comme marchand, il acquiert en 1657 un office de secrétaire du roi qu’il exerce tout juste 20 ans, le temps nécessaire pour achever son anoblissement. Son fils Jean-François de Gassendy (1641-1710), son petit-fils Jean de Gassendy (1670-1751) et son arrière-petit-fils Jean-François Ignace de Gassendy (1701-1747), se succèderont comme conseillers en la cour des Comptes d’Aix. Une fille d’Honoré, Françoise Gassendi, mariée à Claude Robert, sieur de Briançon, ancien capitaine de cavalerie, puis secrétaire du roi, est mère de l'abbé Dominique Robert de Briançon, auteur du nobiliaire bien connu.

Fils cadet de Barthélémy, Antoine Gassendi, co-seigneur de Riez, marié vers 1595 à Marguerite Bertet, de Moustiers, est père de Marc-Antoine et Etienne Gassendi, auteurs de deux rameaux qui prendront le nom de Gassendi-Vintimille et Gassendi-Molières. Alliés à la noblesse de terroir (Villeneuve, Castellane, Vintimille-Montpezat, Demandols), et à la bourgeoisie locale, mais pauvres en biens et chargés d’enfants, ces deux rameaux ne sauront guère s’élever plus haut que des offices de juge ou d’avocat du roi, néanmoins tout à fait honorables, et s’éteignent dans le cours du XVIIIe siècle.

Les Gassendy de Digne et Riez ont été considérés, et ont prétendu eux-mêmes, être parents du célèbre philosophe Pierre Gassendi ou Gassend (1592-1655) chanoine théologal, fils de cultivateurs du village de Champtercier à deux lieues de Digne, mais cette parenté a été écartée par la critique au XIXe siècle.

Noblesse

La famille de Gassendy a été maintenue noble en janvier 1669 : ce jugement a été toutefois délivré uniquement en faveur de la branche aînée, alors très en vue, et sur le compte d’une falsification de titres dont F.-P. Blanc, dans sa thèse sur l’origine de la noblesse de Provence, en 1971, a rappelé le détail : il s’agissait, d’une part, de fausses lettres de noblesse accordées à Gervais Gassendi le 16 novembre 1543, et d’autre part, d’une fausse charge de conseiller à la cour des Comptes attribuée en 1643 à Marc-Antoine Gassendy, père et ayeul des impétrants, alors qu’elle était en réalité possédée par ses frères Etienne et Esprit Gassendy. Cette falsification fut facilitée par la présence au sein de la commission de vérification de Jean-Pierre de Gassendi de Tartonne, conseiller aux Comptes, frère et père des deux bénéficiaires. Au regard du droit, seule la branche de Campagne issue de Prosper Gassendi, secrétaire du roi, aurait dû bénéficier d’une maintenue ; ce qui ne fut pas le cas.

Armes

Les armes des Gassendy sont : d’azur au dauphin d’argent, au chef d’or chargé de trois pattes d’aigle de sable. Elles furent ainsi enregistrées à l’Armorial général de France par tous les membres de la famille de Gassendy : par Pierre de Gassendy ancien avocat au siège de Digne, par Jean-Pierre de Gassendy sieur de Tartonne, président aux Enquêtes du parlement (mais le chef est d’argent), par Pierre de Gassendy professeur de droit à la faculté d’Aix, par Esprit de Gassendy-Campagne enseigne de galère, et par Jean-François de Gassendy seigneur de Campagne et en partie de Riez, conseiller aux Comptes ainsi que par sa belle-soeur Marguerite de Boyer veuve d’Esprit de Gassendy lieutenant particulier de la ville d’Aix (chef aussi d’argent).

Les Gassendy cadets, bourgeois de Riez, figurent, quant à eux, dans la partie de l’Armorial général où le souci de fournir des blasons rapidement et "à la chaine" a ignoré, hélas, les armes déjà existantes. François, Antoine et Etienne Gassendy, bourgeois de Riez, se sont vu ainsi décerner, le premier, d’or au rhinocéros passant de sable, coupé de gueules au sautoir d’argent, le second, d’argent au pal d’azur coupé de sinople à l’ours passant d’or, et le troisième, d’argent à l’écureuil assis de gueules, coupé de sable à la croix d’or.

 


I – François GASSENDI notaire royal et procureur au siège de Digne, co-seigneur de Sigoyer, épouse par contrat du 15 novembre 1503, Claire BONNET de la ville de Digne, d’où :

  1. Gervais qui suit,
  2. Honorade GASSENDY épouse par contrat du 10 janvier 1574 (?), noble Pierre RAYNAUD, fils d’Alexandre, de Manosque.

II – Gervais GASSENDI marchand de Digne, teste devant Espitalier notaire, le 12 décembre 1542, en faveur de ses fils Joseph et Barthélémy. Epouse Elziasse ARNAUD fille de noble Georges, écuyer de Dauphin. D’où :

  1. Joseph
  2. Barthélémy qui suit,

III - Barthélémy GASSENDI marchand de Digne, s’établit par son mariage à Riez, où il et élu premier consul de la ville en 1586, teste le 25 octobre 1586 en faveur de ses fils Honoré et Etienne ; épouse par contrat du 15 juin 1561 (Antoine de Sarry notaire à Riez), Louise PERDIGUIER fille de Jean, de Riez, d’où:

  1. Honoré qui suit,
  2. Antoine auteur des branches de Riez.

IV – Honoré GASSENDI notaire royal de Riez en 1613, également qualifié écuyer, seigneur de Campagne, co-seigneur de la ville de Riez ; épouse par contrat du 28 avril 1581, Jeanne FORT, de Riez. D’où :

  1. Marc Antoine avocat, seigneur de Campagne, Tartonne, Thorame Haute, la Penne, lieutenant du roi au siège de la sénéchaussée de Digne, marié en 1630 à Anne d’ESPITALIER d'où postérité. Branche de Tartonne.
  2. Prosper auteur de la branche de Campagne, établie à Aix.
  3. Etienne GASSENDY docteur en droits et avocat, pourvu d’un office de conseiller secrétaire du roi contrôleur en la chancellerie de la cour des Comptes de Provence, par la résignation faite en sa faveur le 10 janvier 1643 par François de Beaumond, lettres de provisions données à Paris le 18 juin suivant et réception le 16 janvier 1644 ; il résigne sa charge en faveur d’Esprit Gassendi le 10 avril 1646, est nommé juge de la ville de Puimoisson en 1649 ; baptisé le 8 septembre 1616 en l’église cathédrale de Riez (parrain Etienne Fabre, marraine Marguerite Bertet).
  4. ? Esprit GASSENDY conseiller secrétaire du roi contrôleur en la chancellerie de la cour des Comptes de Provence, charge héritée d’Etienne Gassendi le 10 avril 1646, et pour laquelle il reçoit des lettres de provisions royales le 15 décembre suivant, réception en charge le 30 avril 1647 ; il l’exerce durant dix ans et la résigne en faveur de Prosper Gassendi en 1657.
  5. ?? Françoise GASSENDY épouse vers 1611, Melchior MENC conseiller secrétaire du roi et greffier en chef audiencier en la cour des comptes en 1628. Elle met au monde un fils, Jean, et meurt avant avril 1614.
  6. ?? Blanche GASSENDY épouse en 1621 à Riez, François MENC écuyer, sieur de Lineau, procureur en la cour des Comptes puis conseiller auditeur archivaire en 1639 et trésorier de France en 1644, frère de Melchior.
  7. Françoise de GASSENDY épouse Claude ROBERT écuyer, seigneur de Briançon, ancien capitaine de cavalerie dans le régiment de Saint-Aunai en Catalogne puis maréchal des logis des gendarmes du prince de Condé, servit en Flandres et ailleurs, nommé ensuite conseiller du roi secrétaire en la chancellerie près la cour des Comptes, Aides et Finances de Provence, charge qu’il exerce de 1636 à 1663. De ce mariage est né l’abbé Dominique Robert de Briançon, auteur de l’Etat de la Provence dans sa Noblesse publié en 1693.

 

 

 
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