Anciennes familles de Provence
     

 

Thiers


 

 

La famille Thiers appartient à la bourgeoisie aisée de la ville d’Aix. Fixée à Marseille en 1742, elle s’est illustrée par le président Adolphe Thiers (1797-1877), fondateur de la IIIe République française, et s’est éteinte avec ses nièces, établies à Pondichéry.

Elle serait originaire du massif haut-alpin : de la vallée du Queyras, selon les termes d’Adolphe Thiers lui-même, rapportés par Garnier-Pagès, ancien membre du gouvernement provisoire de 1848, dont la famille venait également du Briançonnais (« Moi aussi je suis par mon aïeul paternel un ‘gavot’, un haut-alpin du Queyras » lui aurait-il confié). Ou du village de Veynes, dans le Gapençais, selon l’Armorial haut-alpin de Jean Grosdidier de Matons (2003).

Si l’origine des Thiers se situe très probablement dans l’une ou l’autre de ces vallées alpines où le patronyme est très présent localement, et compte tenu du phénomène de « descente » migratoire des populations de montagne vers les pôles urbains, très caractérisé en Provence, rien cependant ne l’atteste de manière formelle. Les érudits qui se sont intéressé aux origines de la famille Thiers n’ayant pu remonter la filiation antérieurement à la fin du XVIe siècle, ont cru que cette époque marquait l’arrivée de la famille à Aix, mais c’est assurément à une date légèrement plus reculée, probablement à la fin du Moyen Age, que cette implantation a eu lieu.

Grâce aux relevés d’archives de l’Association généalogique des Bouches-du-Rhône (AG13), la filiation peut, en effet, être remontée jusqu’à Jehan et Antoine Thier (latin Tieri) travailleurs, c’est-à-dire hommes de labeur, frères, mariés à Aix, le premier en 1508, le second en 1529. D’Antoine est né Antoine Thiers boulanger puis marchand, père de Jean Thiers praticien en droit, marié en 1614 et père de deux fils, Cosme et Jean-Baptiste Thiers, reçus maîtres en chirurgie. Charles Thiers, fils de Jean-Baptiste, fut commis aux archives de la cour des Comptes, père de Louis-Charles Thiers (1714-1795) avocat à Aix en 1734, installé plus tard à Marseille où il fut procureur du roi, mais aussi armateur et surtout, de 1770 à 1790, secrétaire principal et archiviste de la Ville. Ces différentes activités l’avaient placé à la tête d’une fortune très honorable, que la Révolution lui confisqua en 1793. Son fils, Pierre Thiers (1759-1843) fut un parfait « mauvais sujet », digne d’un roman : aventurier, dilapidateur, un tantinet escroc, mari infidèle, père indigne. Cet héritage moral et familial pesa durablement sur la carrière de son fils Adolphe, l’homme d’Etat, qui, abandonné dès la naissance à sa famille maternelle, eut à subir les recours incessants de ses demi-frères et soeurs qu’il ne connut guère, nés d’un second foyer du père, et élevés par lui, c’est-à-dire sans éducation mais toujours dans le besoin.

Armes : d’azur à deux croissants d’or en chef et une étoile du même en pointe, au chef d’or chargé d’une rose de gueules accompagnée de deux étoiles du champ. Ces armes, attribuées à l’avocat Louis-Charles Thiers, figurent dans l’Armorial des familles de Marseille, manuscrit composé et peint en 1778 par le sieur Patac.

Plusieurs ouvrages ont cherché à éclairer les origines et la famille très embrouillée d’Adolphe Thiers. Voici les principaux : Octave Teissier, Biographie de L.-Ch. Thiers, archiviste de la ville de Marseille, 1877 – Achille Gastaldy, Adolphe Thiers : origine, naissance, jeunesse du premier président de la République française, 1878 - Joseph d’Arçay, Notes inédites sur M. Thiers, 1888 - Hyacinthe Chobaut et Jean de Servières, Les origines de M. Thiers, 1930 - Michel Sémentery, Les présidents de la République française et leur famille, 1982 – Georges Valance, Thiers bourgeois et révolutionnaire, 2007.

 

I – Vincent THIER alias TIERI épouse Catherine ROUX, veuve de N., fille de Gautier, et de Denise ; Catherine Roux fait au moins deux testaments, le premier le 23 août 1505, le second le 15 mai 1521. D’où :
  1. Jehan THIER alias TIERI travailleur d’Aix, décédé avant 1541, épouse par contrat passé à Aix le 29 novembre 1508, Anthonette FERRIER fille de Pierre. D’où :

    1. Annette THIER épouse par contrat passé à Aix le 7 novembre 1541, Antoine PLANTIN travailleur habitant d’Aix, originaire du lieu de Pourrières, fils de Pierre.

  2. Antoine qui suit,

II - Antoine THIER alias TIERI décédé avant 1553, épouse par contrat du 16 novembre 1529 à Aix, Anthonone MIOULE fille de Jacques, et de Delphine GRANDELLE. Elle est marraine de son petit-fils Gaspard Thier en 1561. D’où :

  1. Annette THIER épouse par contrat du 2 février 1540 à Aix, Nicolas FERET.
  2. Jehanne THIER épouse 1) par contrat du 12 mars 1553 à Aix, Jehan CAUDET. 2) par contrat du 27 janvier 1576 à Aix, Barthélémy BRUCHON fils de Sauveur et de Jehanne N.
  3. Antoine qui suit,

III – Antoine THIERS boulanger d’Aix, puis marchand, bourgeois d’Aix, décédé avant 1612, épouse 1) par contrat passé à Aix le 6 janvier 1558, Espérite MENARD fille de Gaspard, et de Catherine AULTRAN. 2) par contrat passé à Aix le 14 septembre 1581, Antonone de LOUTE, fille de feu Baptiste, et de feue Jeanne IMBERT. D’où :

  1. Du premier mariage : Marie THIERS baptisée le 24 novembre 1559 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Melchion Jaubert, marraine Marie Queyrane).
  2. Gaspard THIERS baptisé le 1er janvier 1561 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Gaspard Ménard, marraine Anthorone Mioulesse).
  3. Jeanne THIERS baptisée le 22 novembre 1562 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Esprit Isoard, marraine Andrieue Boyer), épouse par contrat du 31 mars 1578 à Aix, Jean LAUGIER fils de Louis, et de Marguerite N.
  4. Louise THIERS baptisée en 1564 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Jacques Peyrot, marraine Jeanne Brianson).

  5. Du second mariage : Marie THIERS épouse par contrat du 1er juillet 1604 à Aix, François OLLIVIER maître chirurgien, fils de feu Nicolas, et de Jehanne MAURIN.
  6. Jeanne de THIERS épouse en juin 1606 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, Jean-Paul PARET bourgeois d’Aix, âgé de 27 ans, né en juillet 1577 à Aix, fils de Pierre marchand, et d’Anthorone d’ESTIENNE.
  7. Marc-Antoine THIERS bourgeois d’Aix, épouse suivant contrat passé le 26 août 1612 à Aix, Marthe MARTEL fille de feu Charles, peintre, et de Philippe BAUDOIN. D’où :

    1. Jeanne THIERS épouse par contrat du 11 août 1638 à Sisteron, Jean MAUDUECH, de Remolon, fils de Jean et de Jeanne d’HUGUES.
    2. Gabrielle THIERS épouse le 7 février 1644, Antoine PASCAL, de Bréziers, capitaine de chevau-légers, anobli, fils de capitaine Pierre, et de Marguerite PELLEGRIN. Famille de Pascal de Lèches.

  8. Jean qui suit,
  9. Jean-Claude THIERS baptisé le 27 mars 1588 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Jean Chartras docteur en droits et avocat, marraine Magdeleine de ... dame de Ventabren).
  10. Jean-Antoine THIERS marchand cuiratier d’Aix, décédé avant 1664, épouse par contrat du 2 juin 1622 à Aix et le 5 en l’église de la Madeleine, Anne CARLUEC fille de feu Guillaume et de Jeanne ADAOUST, en présence des parents de chaque partie et des témoins qui sont Jean Rostan maître boulanger, et Balthasar Ripert, teinturier. D’où :

    1. Anne THIERS épouse le 8 janvier 1648 en la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix, Jean-Laurent MEGI dit TERE habitant d’Aix, fils de feu Gaspard et de Jeanne BREMOND.
    2. Jean THIERS maître et marchand tanneur à Aix, épouse le 20 avril 1664 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, Désirée LAURENS fille de feu Barthélémy, et d’Anne MASSE. D’où :

      1. Isabeau THIERS baptisée le 22 avril 1665 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Nicolas Darbès, marrain Isabeau Dignossi).
      2. Anne THIERS née à Aix, baptisée le 14 février 1667 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Nicolas Darbès, marraine Anne Masse), décédée à l’âge de 4 ans, inhumée le 9 novembre 1671 au couvent des Grands Augustins.
      3. Jean-Louis THIERS né le 21 mars 1669 à Aix, baptisé le même jour en l’église cathédrale d’Aix (parrain Jean-Louis Darbès, marraine Thérèse de Darbès), décédé à l’âge d’un an, inhumé le 24 août 1670 aux Grands Augustins.
      4. Antoine THIERS né le 28 mai 1671 à Aix, baptisé le lendemain en l’église du Saint-Esprit (parrain Antoine Arnoux maître tanneur, marraine Françoise Coulet femme de Joseph Marguerit, présent Antoine Marguerit tanneur).
      5. Nicolas THIERS baptisé le 15 mai 1673 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Jean Estienne notaire d’Aix, marraine Marguerite de Cabassol femme d’Honoré Mavator ? maître chirurgien), décédé à l’âge de 3 ans et demi, inhumé le 11 janvier 1677 aux Grands Augustins.
      6. Jeanne THIERS baptisée le 28 mars 1675 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Joseph Paul, marraine Anne Martin), épouse le 6 décembre 1695 en la cathédrale d’Aix, Nicolas CLARION cordonnier, fils de Claude, cordonnier, et d’Isabelle GIRARD.
      7. Jean Joseph THIERS baptisé le 28 décembre 1678 en l’église du Saint-Esprit (parrain Antoine Trouillas tanneur, marraine Gabrielle Dauphin fille de Joseph maître tapissier), décédé à l’âge d’un an et demi, inhumé le 8 juin 1680 aux Grands Augustins.
      8. Dominique THIERS né le 19 janvier 1681 à Aix, baptisé le même jour en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Dominique Achart, marraine Gabrielle de Cabassou).
      9. Antoine THIERS né le 16 février 1684 à Aix, baptisé le lendemain en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Antoine Amayon, marraine Louise Touron).

    3. Jeanne THIERS épouse le 21 février 1664 en la basilique Saint-Sauveur d’Aix, Pierre FINE fils de feu Michel et de Peyrone MATHIEU, en présence de Melchion et Paul Vian.
    4. Bernard THIERS tanneur, né vers 1642, décédé le 2 avril 1707, inhumé le lendemain en l’église du Saint-Esprit, âgé d’environ 65 ans, épouse le 22 novembre 1686 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, Thérèse COQUILLAT, de Rians, habitant d’Aix depuis 15 ans, témoins le sieur François archer de la maréchaussée de Provence, Nicolas Féraud muletier à Aix, l’époux signe B Thiers.

IV - Jean THIERS praticien et bourgeois d’Aix, décédé le 14 février 1658 à Aix, épouse par contrat du 11 avril 1614 à Aix, Anne BAYOL âgée de 16 ans, née à Aix en 1598, fille de Jacques, marchand d’Aix, et de Marie COCULAT. D’où :

  1. Marie THIERS épouse le 1er septembre 1638 en la cathédrale d’Aix, et suivant contrat passé le 5 septembre, Guillaume de BONIEUX marchand à Aix, fils de Jean, cordonnier, et de Marguerite CARLUEC, les témoins sont Jean Adaoust, Marguerite de Bonieux, Jacques Bayol, Claude Figuière et Jean Antoine Tiers.
  2. Cosme THIERS maître chirurgien, est racheté par les religieux de la Merci des esclaves barbaresques en 1662 ; épouse 1) par contrat du 9 février 1653 à Salon (Joseph Aprilis, notaire), Thérèse BARROT fille de feu Jean, marchand, et de Claire FERMIER, en présence de Charles Fermier, procureur au siège général d’Aix, oncle de l’épouse. 2) le 24 juin 1675 en l’église de Saint-Cannat, Claire RUFFY fille de Jean-Baptiste et de feue Estienne NOVE ? d’où :

    1. Du premier lit : Esprit THIERS baptisé le 16 mai 1655 en l’église Sainte-Madeleine (parrain Jean-Baptiste Tiers, marraine Claire Fermier), inhumé le 28 juin suivant au couvent des Grands Augustins.
    2. Jacques THIERS inhumé le 17 juillet 1661 aux Grands Augustins d’Aix.

  3. Jean-Baptiste qui suit,

V - Jean-Baptiste THIERS maître chirurgien, bourgeois d’Aix, décédé avant 1689, épouse le 30 janvier 1657 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, Magdeleine de COLLA fille de feu Jean-Baptiste et de Marguerite COCULAT, les témoins sont Pierre Albette et François de Pile. D’où :

  1. Gaspard THIERS greffier en la cour des Comptes d’Aix, bourgeois, baptisé le 12 septembre 1659 en l’église Sainte-Madeleine d’Aix, épouse le 19 février 1689 en l’église de la Madeleine, Catherine d’EYGUESIER fille de feu Jean-Baptiste, avocat en la cour, et de Claire de MERINDOL, en présence de la mère de l’époux, et des témoins Honoré Arnaud, avocat en la cour, Mathieu Albert marchand, Joseph Thierriet, et André Carbonel, l’époux signe Thiers. D’où :

    1. Jean Joseph THIERS né le 16 novembre 1690 à Aix, baptisé le même jour en l’église Sainte-Madeleine (parrain François des Rollands seigneur de Cabanes, président en la cour des comptes, marraine Marie-Anne de Laugier de Creissel).
    2. Anne THIERS née le 30 janvier 1692 à Aix, baptisée le même jour en l’église de la Madeleine (parrain François-Hyacinthe Blanc, seigneur de Boisverd, lieutenant colonel du régiment de dragons de Milford Cler, marraine Anne Thiers).
    3. Henri THIERS baptisé le 6 avril 1693 en l’église Sainte-Madeleine (parrain Henri Frégier, marraine Elisabeth d’Albette).
    4. Esprit Joseph THIERS né le 30 mai 1694 à Aix, baptisé le même jour en l’église Sainte-Madeleine (parrain Joseph Balthasar des Vignes avocat du roi au siège d’Arles, marraine Louise Guillon).

  2. Anne THIERS baptisée le 1er juillet 1661 en l’église cahédrale Saint-Sauveur (parrain Honoré de Gaillard avocat en la cour, marraine Anne Colla).
  3. Joseph THIERS baptisé le 21 mai 1663 en la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix (parrain Joseph Colla, marraine Louise de Mingaud).
  4. Thérèse THIERS célibataire, baptisée le 8 septembre 1665 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Mathieu Puech conseiller au siège général, marraine Anne de Bouchaud), décédée à l’âge de 64 ans, le 10 novembre 1729, inhumée le lendemain en la paroisse de la Madeleine.
  5. Marie THIERS baptisée le 15 août 1667 en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Jean Gabriel procureur au siège d’Aix, marraine Honorade Bayol), décédée à l’âge d’environ 80 ans le 30 mars 1750, inhumée le lendemain en la paroisse de la Madeleine, épouse le 14 février 1696 en l’église Sainte-Madeleine, Jean-Antoine COUSSIN marchand d’Aix, fils de feu Jean, et de Gabrielle SABATIER, en présence de Pons André, prêtre, Antoine Choquel, Balthasar Silbert, et Germain Tornaire.
  6. Charles qui suit,
  7. Lucrèce THIERS née le 15 décembre 1670 à Aix, baptisée le lendemain en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Nicolas Cavaillon avocat en la cour, marraine Lucrèce d’Imbert).

VI – Charles THIERS commis aux archives de la cour des Comptes, secrétaire de l’assesseur d’Aix en 1711, bourgeois d’Aix, né le 13 août 1669 baptisé le lendemain en l’église de la Madeleine d’Aix (parrain Charles de Tressemanes conseiller au parlement de Provence, sieur de Chasteuil, marraine Gabrielle de Maurel) ; épouse 1) le 19 septembre 1702 en l’église cathédrale Saint-Sauveur d’Aix, Anne PUGET veuve d’Augustin RABUIS maître chirurgien, fille de feu Jean Michel, maître tailleur d’habits d’Aix, et de Marguerite PEITRAL, les témoins sont Louis Bourrellon ecclésiastique, Balthasar Sioubert maître orfèvre, Jean Stioly clerc, Joseph Crinastier, étudiant en théologie. 2) le 26 octobre 1706 en l’église Sainte-Madeleine d’Aix, Melchionne EYSSAUTIER fille de Louis, marchand d’Aix, et d’Anne de RENCUREL. D’où :

  1. Du premier mariage : Sibille THIERS née le 13 avril 1704 à Aix, baptisée le lendemain en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Gaspard Tiers greffier en chef en la cour des Comptes, marraine Cebille de Solery).
  2. Marie-Anne THIERS née le 17 septembre 1705 à Aix, baptisée le lendemain en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Jean-Baptiste Blanc avocat au parlement, marraine Marianne d’Escragnolles de Laurens).

  3. Du second mariage : Louis THIERS né le 29 octobre 1707 à Aix, baptisé le lendemain en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Louis Rencurel bourgeois, marraine Anne Rencurel).
  4. François Hyacinthe THIERS né le 14 avril 1709 à Aix, baptisé le lendemain en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain François Hyacinthe Le Blanc sieur de Castillon, marraine Jeanne Eyssautier).
  5. Jeanne Françoise THIERS née le 20 août 1711 à Aix, baptisée le même jour en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Jean-Baptiste de Blanc, procureur du pays assesseur, marraine Françoise de Sannes de Collobrières).
  6. Louis Charles qui suit,

VII – Louis-Charles THIERS reçu avocat au parlement de Provence le 17 juin 1734, s’installe à Marseille en 1742, où il acquiert une charge de procureur du roi au siège sénéchal, ayant également des affaires dans le commerce maritime, parfois qualifié de négociant, il obtient, par brevet royal du 16 septembre 1770, l’office de « secrétaire garde pour le roi des archives de la ville de Marseille » autrement dit archiviste de la ville, et remplace à ce poste le sieur Capus décédé, son installation solennelle a lieu le 3 octobre 1770 ; propriétaire de plusieurs biens immobiliers (trois maisons bourgeoises à Marseille, dont l’une, construite par lui en 1769 rue Mazade attenant à l’ancien hôtel de préfecture, sera revendue 120.000 livres en 1785, ainsi qu’une propriété de campagne à Château-Gombert) ; élu échevin de Marseille, il est mis à la retraite à compter du 1er mars 1790 ; déclaré émigré en 1793, ses biens sont mis sous séquestre ; au cours d’un séjour chez sa fille Mme Graffan en février 1794, il est arrêté avec son épouse par le comité de Surveillance d’Aix et emprisonné (il est âgé de 80 ans), relâché, il se réfugie chez sa fille et son gendre Pretti à Menton où il finit ses jours, ruiné et malade, à l’âge de 81 ans le 30 novembre 1795 (11 frimaire an IV), et est inhumé en l’église paroissiale ; il était né le 20 novembre 1714 à Aix, baptisé le même jour en la cathédrale Saint-Sauveur (parrain Louis Jourdan, marraine Marguerite de Rencurel). Epouse le 25 avril 1752 en l’église Saint-Martin de Marseille, Marie Marguerite BRONDE, âgée de 18 ans, née le 6 juillet 1733 à Marseille paroisse des Accoules, y décédée le 14 décembre 1806, fille de feu Joseph, riche négociant de Marseille, et de Marguerite GERVAIS (1707-1777), en présence de la mère de l’époux, de la mère de l’épouse, de Marc-Antoine Marin bourgeois, grand oncle maternel de l’épouse, Gaspard Rogon négociant, Louis Demende conseiller procureur du roi au siège de Marseille, et Honoré Domergue négociant. D’où sept enfants :

  1. Marie Marquise Julie THIERS née le 20 février 1753 à Marseille, baptisée le lendeman en la paroise des Accoules (parrain Marc Marin bourgeois, marraine Marquise Eyssautier Thiers), décédée à l’âge de 7 ans le 16 juillet 1760.
  2. Marie Rose THIERS née le 12 mai 1757 à Marseille, baptisée le même jour en l’église Notre-Dame des Accoules (parrain Elie La Roque maître apothicaire, marraine Marguerite Gervais Bronde son ayeule).
  3. Marie Louise Françoise THIERS née le 1er juillet 1758 à Marseille, baptisée le même jour en la paroisse des Accoules (parrain François Portalier, avocat en la cour, marraine Anne Thérèse Rogon épouse de François Emerigon, greffier en chef en l’amirauté de Marseille).
  4. Pierre (Louis Marie) qui suit,
  5. Louis (Anne Fortuné) THIERS né le 11 mai 1761 à Marseille, baptisé le même jour en l’église des Accoules (parrain noble Louis Demende conseiller du roi et son procureur en la sénéchaussée, marraine Anne Catherine Aubert épouse de Pierre Vincent Noguier écuyer, receveur général des finances), y décédé à l’âge de 10 ans le 24 décembre 1771.
  6. (Marie Louise) Virginie THIERS née le 17 septembre 1762 à Marseille, baptisée le lendemain en l’église des Accoules (parrain Jean-Baptiste Joachim Gervais conseiller du roi aux sénéchaussées d’Aix et de Marseille, marraine Louise Chabaud), épouse le 27 décembre 1785 en l’église Saint-Ferréol de Marseille, (Alexandre) Jacques GRAFFAN avocat au parlement d’Aix, conseiller du roi commensal de sa maison, juge garde et inspecteur des Monnaies en la généralité de Provence, veuf de Marie-Henriette MICHEL (décédée à Marseille, inhumée le 21 novembre 1784), âgé de 46 ans, né à Aix le 13 décembre 1739, fils de feu Alexandre, procureur au parlement de Provence, et de Jeanne LINOSSIER, en présence de Joseph Christophe de Gastaud, chevalier, ancien conseiller en la cour des comptes de Provence, résidant à Aix, Jean-Pierre de Chomel, écuyer, avocat au parlement, Laurent de Cayrac écuyer, ancien capitaine d’infanterie, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, Michel de Léon écuyer, l’épouse est dotée de 53.000 livres. Il décède à Marseille le 21 frimaire an VIII.
  7. (Marie Marguerite) Victoire THIERS née le 22 décembre 1768 à Marseille, baptisée le lendemain en l’église Notre-Dame des Accoules (parrain Pierre Vincent Noguier, écuyer, seigneur de Malijai et autres lieux, receveur général des finances, marraine Marguerite Gervais Bronde sa grand-mère) ; épouse le 28 juillet 1789 en l’église Saint-Giniez de Marseille, Horace PRETTI négociant, propriétaire et bourgeois de Menton, fils de Nicolas, et d’Angélique PRETTI, en présence de Paul François Marie Michel de Léon, écuyer de Marseille, François Antoine Bottini, baron et écuyer de la ville de Menton, beau-frère de l’époux, François Ouvière docteur en médecine, chirurgien major des armées du roi, et Pierre Louis Marie Thiers, frère de l’épouse, l’épouse est dotée comme sa soeur de 53.000 livres. L’époux est parent de Vincent Louis Pretti de Saint-Ambroise, intendant du roi en la principauté de Monaco, et d’Horace Préti de Saint-Ambroise (1751-1839), gouverneur de Menton de 1815 à 1828. D’où notamment une fille, mariée au négociant Maurice Gastaldy, secrétaire de la mairie de Menton, d'où notamment Achille Gastaldy auteur d’une biographie de Thiers.

VIII – Pierre THIERS personnage à la vie dissipée et aventureuse, d’abord employé auprès de son père comme sous-archivaire, fut ensuite clerc de notaire, négociant, employé aux vivres de l’armée d’Italie, puis à la régie des jeux publics à Milan, qualifié à la fin de sa vie lieutenant de vaisseaux de la marine royale et propriétaire ; né le 9 septembre 1759 à Marseille, baptisé le lendemain en l’église des Accoules (parrain Pierre-Vincent de Noguier écuyer, receveur général des finances de Provence, marraine Marguerite Gervais veuve Bronde), décédé le 23 février 1843 à Carpentras, âgé de 83 ans, épouse 1) le 7 septembre 1784 en l’église Notre-Dame du Mont à Marseille, Marie (Claudine) FOUGASSE née en 1752, fille de feu Etienne Mathieu et d’Anne Madeleine JAUFFRET, en présence de Jean-Joseph Sardou, Urbain Brouchon, prêtres, François Fougasse, frère de l’épouse, Joseph Battagliny écuyer, l’épouse signe Marie Fougasse. Elle meurt à l’âge de 45 ans le 1er mars 1797 (11 nivôse an V) en son domicile à Marseille. 2) le 13 mai 1797 (24 floréal an V) à la mairie de Marseille, et le 9 novembre suivant en l’église Saint-Laurent, (Marie) Madeleine AMIC âgée de 22 ans, née le 6 juillet 1774 à Bouc, fille de feu Claude, riche négociant en drap, député par les commerçants marseillais à Constantinople, et de Marie SANTI LHOMAKA (femme de bonne éducation, née à Constantinople le 29 septembre 1740, décédée à Aix le 4 avril 1824, fille d’un joaillier, fournisseur et drogman à la cour de Constantinople, sa famille se disait issue de la famille de Lusignan) ; les époux reconnaissent leur fils Adolphe né un mois plus tôt. Marie-Madeleine Amic a pour demi-soeur Elisabeth Lhomaka, épouse de Louis de Chénier et mère du poète André Chénier. Elle meurt le 5 février 1852 aux Batignolles près Paris, âgée de 77 ans, et est inhumée auprès de sa mère Marie Lhomaka au cimetière de Bouc. D’où :

  1. Du premier mariage : Claude (Charles) THIERS né et décédé en 1785 à Marseille.
  2. (Marie) Charlotte (Rosalie Victoire) THIERS née le 21 juillet 1786 à Marseille, baptisée le même jour en l’église de la Major (parrain Louis-Charles Thiers avocat au parlement, secrétaire garde pour le roi des archives de Marseille, son grand-père, marraine Rosalie Elisabeth Fougasse épouse de Joseph Battagliny écuyer, sa tante maternelle), décédée en 1879, épouse le 29 juillet 1807 à la mairie de Marseille, (Jean-Pierre) Félix PANON alors magasinier à Marseille, veuf, âgé de 26 ans, né à Toulon le 10 mai 1781, fils de Félix (Antoine), marchand bijoutier (décédé à Naples le 8 mai 1802), et de Marie-Anne Suzanne CARON, l’épouse signe Charlotte Thiers. Il était veuf de Marie-Anne Antoinette PONS décédée à Marseille le 20 décembre 1806.
  3. Louis (Alexandre Frédéric) dit Louiset THIERS militaire, obtient par son frère une place de juge de paix en la colonie française de Pondichéry, né le 18 septembre 1788 à Marseille, décédé le 4 décembre 1840 à Cadillac (Gironde). Epouse le 27 mars 1816 à Beaucaire (Gard), Marie (Laurette Jeanne) BIALLEZ âgée de 22 ans, née en 1793 à Beaucaire, fille de Jean-Antoine et de Claire Monique GUINCHET. D’où :

    1. Marie Lucie THIERS épouse à Karikal (Inde) en 1839, Julien LE POULIQUEN capitaine de port à Karikal, négociant, veuf d’Anne Virginie LAFORGUE, né en 1806 à Karikal, fils de Julien-Claude, officier de l’état major du bailli de Suffren, négociant à Karikal, décédé en 1835, et de Marie-Françoise-Barbe SAVINOY, sa troisième épouse. D’où postérité dans la famille Héloury.

  4. Germain (Alexandre François) THIERS d’abord apprenti orfèvre, son père le fait entrer comme employé de l’octroi à Beaucaire, est nommé grâce à son demi-frère entreposeur de tabac à Montargis en 1832, démissionnaire, est quelque temps entrepreneur de peinture à Paris, se fait enfin nommer juge de paix à Pondichéry en 1835, né le 31 juillet 1791 à Marseille, décédé à Pondichéry, épouse à Beaucaire (Gard) le 11 octobre 1813, Marie (Colombe Argentine) FERRANTI née le 22 mai 1790 à Florence en Toscane, fille de Philippe, et de Marie Annuncieta MONTELATINI. D’où :

    1. Elisabeth THIERS née le 16 mars 1815 à Beaucaire, épouse le 5 juin 1835 à Pondichéry (Inde), Louis Auguste MORAS commis de la Marine à Brest puis officier d’administration, âgé de 29 ans, né à Brest le 5 janvier 1806, fils de Gaspard, capitaine de vaisseau, et de Marie-Anne LE MOINE. Sous-contrôleur puis commissaire de la marine en 1858, directeur des services financiers à Pondichéry, affecté à Toulon en 1863, chevalier de la Légion d’Honneur (10 décembre 1850) puis officier (7 octobre 1863), retraité, décédé à Tours le 24 juillet 1876 en son domicile, âgé de 70 ans. D'où postérité.

  5. Du second lit : (Marie Joseph Louis) Adolphe THIERS étudiant en droit à Aix, reçu avocat en 1820, monte à Paris en 1821, journaliste, historien, député (1830-1848), ministre de l’Intérieur (1832, 1834-1836) puis des Travaux Publics (1832-1834), puis des Affaires étrangères (1836), membre de l’Académie française (1833), député de la Seine (1863-1870), président de la République française (1871-1873), grand croix de la Légion d’Honneur (1871), etc., né hors mariage le 15 avril 1797 à Marseille (40 rue des Petits-Pères, aujourd’hui rue Thiers), décédé le 3 septembre 1877 au Pavillon Henri IV à Saint-Germain en Laye, âgé de 80 ans, inhumé au Père Lachaise, son deuil est conduit par le général Charlemagne, oncle par alliance. Epouse le 7 novembre 1833 en l’église Saint-Jean de la paroisse Notre-Dame de Lorette à Paris, Eulalie dite Elise DOSNE âgée de 15 ans, née à Paris le 2 novembre 1818, fille d’André (1789-1849), agent de change puis receveur général des finances à Lille, propriétaire du château de Thun, et d’Eurydice dite Sophie MATHERON (1794-1869). Elle meurt à l’âge de 62 ans le 11 décembre 1880 à Paris, en son hôtel place Saint-Georges.

  6. De sa liaison avec Catherine Louise Marie CAVALIERI, de Bologne : Elisabeth (Louise Marie) THIERS née à Paris le 1er septembre 1799, décédée en septembre 1871 à Cabourg (Calvados), âgée de 72 ans ; épouse le 13 décembre 1821 à la mairie de Marseille, Cyprien RIPERT capitaine d’infanterie âgé de 34 ans, avait fait les campagnes de Napoléon, chevalier de la Légion d’honneur (1813), né à Marseille le 3 octobre 1787, fils d’Antoine, ancien négociant (décédé à Marseille le 9 février 1820), et de Suzanne BLAYE (décédée à Marseille le 25 avril 1816) ; les époux reconnaissent leur fils Louis Cyprien Bienaimé né le 27 juillet 1820 à Marseille, les témoins de l’époux sont Louis Ripert, lieutenant aux douanes, son frère, et Pierre Guys, propriétaire, son cousin. Le ménage s’installe un moment à Paris où il tiendra une table d’hôte à l’angle de la rue Drouot et du boulevard, ayant une enseigne qui fit scandale : "Table d’hôte tenue par Mme Ripert, soeur de M. Thiers". D'où postérité.
  7. Charles (Louis Marie) THIERS nommé chancelier du consulat d’Ancône, vice-consul à Girgenti, puis sous-lieutenant de gendarmerie, né à Paris le 11 mars 1801 (20 ventôse an IX), décédé le 25 mai 1870 à Antibes (i309), âgé de 69 ans, célibataire.
  8. (Elisabeth) Marie (Madeleine Thérèse) THIERS née en 1811.

  9. De sa liaison avec Eléonore Euphrasie CAVALIERI soeur de la précédente, et cousine du député Dupont (de l’Eure) : Marie-Louise Antoinette THIERS née à Paris le 26 juin 1815, décédée le 9 janvier 1889 en son domicile à Meurge, hameau de Sennevoy-le-Bas (Yonne), âgée de 73 ans ; épouse le 19 mars 1831 à Paris, Pierre Gustave BRUNET agent comptable chez Bréguet, quai des orfèvres à Paris, né à Paris le 11 octobre 1809, fils de Vincent, et d’Agnès Adélaïde GAY ; il meurt en son domicile à Sceaux le 2 janvier 1877, âgé de 67 ans. D'où postérité.

 

Adolphe Thiers
(1797-1877)
Président de la République

 

 
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