Anciennes familles de Provence
     

 

(d') Albert

de Saint-Martin, Saint-Hippolyte, Sainte-Croix


 

 

La famille d’Albert, des seigneurs de Saint-Martin et Saint-Hippolyte, est l’une des plus importantes familles de robe provençales. Le nombre de magistrats qu’elle a donnés au parlement ou à la cour des comptes d’Aix, sans interruption depuis la fin du XVe siècle juqu’à la Révolution, parle de lui-même : trois présidents à mortier au parlement d’Aix (1694, 1767, 1782), trois présidents en la cour des comptes (1713, 1736, 1765), six secrétaires rationaux et archivaires, quatre conseillers maîtres en la cour des Comptes, trois auditeurs archivaires, trois audienciers en la chancellerie, un avocat général, trois conseillers au siège de la sénéchaussée d’Aix.

Maintenue noble, dans ses trois branches, par arrêt des commissaires du roi chargés des vérifications de noblesse, du 4 octobre 1668, admise à l’ordre de Malte en 1677, et aux assemblées de la noblesse de Provence en 1789, elle obtient le titre de marquis par lettres de juin 1719 (érection de la terre de Fox-Amphoux dans le Var).

La famille d’Albert de Saint-Martin établit sa filiation depuis Pierre Albert, fils de Jean, qui, en octobre 1488, exerce l'office de secrétaire rational et archivaire en la chambre des comptes de Provence, en épousant « mademoiselle Marquise de Lessart » fille unique de noble Guillaume de Lessart, procureur fiscal du roi René, qui avait été désignée par son père à cette charge en association avec son futur mari. L’héritage laissé par Guillaume de Lessart comprend également des biens en la ville de Riez, où est enterrée son épouse, ainsi que le nom et les armes de la maison de l’Essart.

Beaucoup d’inventions ont été faites concernant l’origine de ce Jean Albert, père de Pierre, et donc, sans élément nouveau, la plus grande prudence reste de mise. Tous les auteurs classiques (abbé Robert de Briançon, Artefeuil, Barcillon de Mauvans, la Chesnaye des Bois) lui donnent en effet pour souche les Albert, seigneurs du Thor et Boulbon dans le Comtat, et de Grambois, mais cette version ne reposant sur aucun document, a été rejetée notamment par Steyert (Armorial du Lyonnais, 1892) et plus récemment par F.-P. Blanc.

A rectifier également, concernant cette famille, la branche de « Bormes » qui n’est certainement pas la terre de Bormes sur mer, mais Brômes près de Riez.

La famille d’Albert se poursuit, dans ses trois principales branches, jusqu'à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle. Mais elle n’est pas éteinte puisque, par un rameau établi en 1832 à Cairanne dans le Vaucluse, elle s’est perpétuée très modestement sous le nom d'Albert, puis de nouveau sous celui d’Albert des Essarts par jugement du 9 décembre 1896, et que portent aujourd’hui ses représentants.

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Armes : de gueules à trois croissants d’or. Elles furent ainsi enregistrées à l’Amorial général par Jean d’Albert, sieur de Saint-Hippolyte. Il s’agit, selon Du Roure, des armes de la famille de Lessart recueillies par les d’Albert, et qui avaient été gravées dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.

L’historien Jean-Scholastique Pitton précise que les armes portées par Antoine d’Albert, auditeur en la cour des Comptes, étaient « de gueules à trois croissants montants d’or, cimier une roche d’argent, anciennes armes de la maison d’Albert, les croissants étant celles de l’Essart, supports deux faucons d’argent, devise : Libertas » (Hist. ville d’Aix, 1666). Autrement dit, et tel que l’explique Chaix d’Est-Ange : de gueules à la montagne d’argent surmontée d’une étoile d’or seraient les armoiries primitives, remplacées par celles de l’Essart : de gueules à trois croissants d’or.

Par suite de l’héritage du président Lazare du Chaine, les d’Albert de Saint-Martin portent leurs armes en écartelé avec celles du Chaine, qui sont : d'azur, à un chêne arraché d'or à quatre branches passées en sautoir, feuillé et englanté de quatre pièces du même, au chef d'argent chargé de trois étoiles de gueules.

 

 

I – Jean ALBERT bourgeois aixois, originaire de Nice, père de :

II – Pierre ALBERT reçu secrétaire rational et archivaire en la chambre des comptes d’Aix, en l’office de Guillaume de L’Essart, son beau-père, le 17 octobre 1488, privé de son office qui est attribué par le roi à Etienne de Challeu, il est toutefois nommé à titre extraordinaire puis titularisé en 1498, et enfin nommé secrétaire honoraire vers 1522, teste à Aix le 12 juillet 1526. Epouse 1) en 1488, Marquise de LESSART, fille unique de Guillaume, conseiller et procureur fiscal du roi René, secrétaire rational et archivaire en la chambre des Comptes de Provence, possessionné à Riez, décédé en 1497 à Aix, et de Delphine son épouse, inhumée en novembre 1483 en l’église des Franciscains de Riez. Guillaume de Lessart, installé en Provence, était fils de Pierre de Lessart, trésorier de l’épargne sous le règne de Philippe de Valois, nommé prévôt de Paris, mort décapité par ordre du duc de Bourgogne; sa famille appartenait à la noblesse de Champagne. 2) Gillette ROLLET ou de Rolot. D’où :

  1. Du premier lit : Balthasar qui suit,
  2. Louise ALBERT de LESSART épouse suivant contrat du 6 octobre 1525 (Jean Borrilli notaire à Aix), Accurse de LIONE, liencié en droit de la ville d'Orgon au diocèse d'Avignon, fils de Jean Antoine, anobli en 1515, et d’Honorade de CIPIERES; l’épouse reçoit en dot de son père la somme considérable de 1000 florins, dont quittance sera faite le 31 janvier 1531, et l’époux est, quant à lui, institué donataire de sa tante Catherine Sicolesse, de tous ses biens ; les témoins du contrat sont Guimbaud Arguilhosi licencié en droit d’Aix, Jacques André dit Lanson, notaire de Moustiers, et Pons de la Garde mercier d’Aix. Accurse de Léone est reçu le 4 octobre 1543 en une charge créée de conseiller au parlement d’Aix.
  3. Claude ALBERT vivant en 1526.
  4. Esprit ALBERT notaire et greffier royal.
  5. Bertrand ALBERT

  6. Du second lit : Marguerite ALBERT épouse par contrat du 15 mai 1521 à Aix, Honoré TOURNON licencié en droits d'Aix, deviendra capitaine de 200 hommes d’armes.
  7. Libert ALBERT (Libertus) teste à Aix le 16 octobre 1542 ; épouse par contrat du 22 janvier 1528 à Aix (Claude Gautier notaire), Pierra GUIGONET de Cavaillon, fille de feu Trophime, et de Françoise TURNELLI, l’époux est assisté de sa mère et ses frères Esprit Albert notaire, et Balthasar Albert secrétaire rational et archivaire. D’où :

    1. Claude ALBERT épouse par contrat du 3 mai 1573 à Aix, Delphine MAUNIER fille de Julian, et de Louise RICHARD. D’où :

      1. Claude ALBERT baptisé le 1er janvier 1582 en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain Claude Michel, marraine Françoise Sommati).
      2. Françoise ALBERT épouse le 27 novembre 1604 à Saint-Sauveur d’Aix, suivant contrat passé la veille, Julien BLONDELOT clerc suivant les finances, originaire de la Ferté Gaucher.

III - Balthasar ALBERT reçu secrétaire rational et archivaire en la chambre des comptes d’Aix, en l’office de son père, le 18 janvier 1522, obtient ses lettres de provisions le 17 novembre de la même année, lui permettant d’exercer cet office à la survivance et en l’absence de son père, puis reçoit en don cet office, avec survivance à son fils Jean Albert, par lettres royales du 2 juillet 1540, teste le 28 mars 1548 devant Me Claude Maliverny notaire (d'apr. transcription D. Tinteau sur Généanet), élit sépulture en l’église des Frères prêcheurs, fait un legs de 500 florins à Louise Gellibert son épouse, deux legs de 20 florins chacun à ses filles mariées Delphine et Louise, et de 800 florins à chacune de ses autres filles non mariées Baptistine, Françoise, Magdeleine et Jeanne Albert, Jean Albert snon fils aîné reçoit 400 écus ; épouse vers 1520, Louise GELIBERT ou Gillibert, probablement fille d’Antoine, reçu secrétaire rational et archivaire en avril 1483 ; elle teste le 20 juillet 1553. D’où :

  1. Jean qui suit,
  2. Louise ALBERT épouse par contrat du 18 décembre 1542 reçu Maliverny notaire à Aix, Jacques DIGNE marchand bourgeois d’Aix, fils de feu Honorat, licencié en droit, et de Magdeleine CARRE.
  3. Delphine ALBERT épouse avant 1548, Louis BURLE bourgeois d’Aix, secrétaire du roi audiencier en la chancellerie de Provence.
  4. Baptistine ALBERT légataire de son père en 1548, épouse par contrat du 14 janvier 1559 à Aix, Nicolas GASQUY écuyer et bourgeois de Manosque, fils de Pierre, écuyer de Manosque, et de Nicolane CLAPIER. D’où postérité.
  5. Françoise ALBERT non mariée en 1548.
  6. Magdeleine ALBERT légataire de son père en 1548, épouse par contrat du 4 février 1553 à Aix, Claude HOSPITALIER fils de Jean.
  7. Jeanne ALBERT non mariée en 1548.
  8. Antoine auteur d'une branche.

IV – Jean ALBERT seigneur de Saint-Martin d’Alignosc, près de Riez, par achat du 30 mai 1544 (Tisaty notaire à Aix), pourvu par lettres du 3 juin 1540 de l’office de secrétaire rational et maître archivaire en la chambre des Comptes, reçu le 31 juillet suivant en l’office de son père, meurt à Aix en 1596 et est inhumé aux Dominicains ; épouse par contrat du 9 mai 1547 à Aix, Melchione GUIRAN, fille de Michel, maître rational en la cour des Comptes, et de Baptistine GERENTE. D’où :

  1. Suzanne ALBERT baptisée le 21 février 1554 en l’église de Saint-Sauveur d’Aix (parrain Arnaud Tressemanes, maître rational, marraine Suzanne Gérente), épouse par contrat du 8 mars 1572 à Aix (Arnaud Raynaud notaire), Nicolas de GALICE, docteur en droits, conseiller en la cour des Comptes en novembre 1571, reçu en charge le 4 mars 1572, décédé en 1608, fils de Jean Antoine, notaire royal de Riez, et de Marguerite de BARCILLON, l’époux est assisté de Jeanne de Barcillon, sa tante, et de Mathieu de Galice son frère, notaire de Riez, au nom et comme procureur de ses parents.
  2. Gaspard ALBERT baptisé le 20 octobre 1555 en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain Esprit Guiran, marraine Ginebre Gérente).
  3. Jean-Baptiste qui suit,
  4. Balthasar ALBERT chanoine de Saint-Sauveur d’Aix, baptisé le 14 septembre 1558 en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain Louis Burle, marraine Françoise Guiran).
  5. Delphine ALBERT baptisée le 31 décembre 1559 à Saint-Sauveur d’Aix (parrain Gaspard Honorat, marraine Delphine Gaufridy).
  6. Michel ALBERT avocat, pourvu le 2 juillet 1586 de l’office de conseiller du roi en la sénéchaussée d’Aix, dans lequel il est reçu le 27 septembre 1586, et qu’il résigne en faveur de son neveu Michel d’Albert de Saint-Martin, baptisé le 13 août 1561 en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain Gaspard Guiran, maître rational en la chambre des comptes, marraine Françoise Anthoine).

V - Jean Baptiste ALBERT seigneur de Saint-Martin lès Riez, reçu conseiller du roi auditeur secrétaire et archivaire en la chambre des comptes d’Aix, en l’office de son père le 22 mai 1574, obtient des lettres de confirmation de privilèges d’affranchissement à Riez, baptisé à Aix le 24 juin 1557 en l’église Saint-Sauveur (parrain Jean de Léone chanoine d’Aix, marraine Magdeleine Daup..); épouse le 14 juillet 1584 en l’église Notre-Dames de Accoules à Marseille, et par contrat du 5 août suivant chez Me Ruffi notaire à Marseille, Marguerite de BAUSSET ROQUEFORT fille de capitaine Nicolas, écuyer de Marseille, seigneur de Roquefort, valet de chambre du roi et gouverneur du château d’If, et de Françoise de VERDILLON, les témoins à la célébration sont Jean Roland et Gabriel Alegrand prêtre. Marguerite est la soeur d’Anne de Bausset, épouse de Louis du Chaine, président à mortier au parlement d’Aix (1586-1613), père de Jean-Baptiste du Chaine, et ayeul de Lazare du Chaine, tous deux présidents à mortier au même parlement. D’où :

  1. Jeanne ALBERT baptisée le 27 mars 1585 en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain Michel Albert avocat, marraine Thorone Laurent).
  2. Anne ALBERT baptisée le 2 juillet 1586 en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain Jean Albert secrétaire rational et archivaire du roi, marraine Anne Bausset femme du président du Chaine).
  3. Françoise ALBERT baptisée le 2 juillet 1588 en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain Nicolas de Galice conseiller en la cour des Comptes, marraine Marguerite Verdillon, de Marseille).
  4. Louise ALBERT épouse en janvier 1607 en l’église Saint-Sauveur d’Aix et par contrat le 16, Honoré de GRASSY docteur en droits et avocat au parlement de Provence, fils de feu Pierre, et de Genebre de DURANT.
  5. Jean-Baptiste qui suit,
  6. Michel ALBERT sieur de Saint-Martin et chanoine de l’église Saint-Sauveur d’Aix.
  7. Claire ALBERT épouse par contrat du 30 avril 1618 à Aix (Pierre Tampe notaire), Joseph de RIANS, conseiller du roi et général de ses Monnaies en Provence, âgé de 33 ans, né en 1584 à Aix, fils de Jean, conseiller secrétaire du roi en la chancellerie, et de Marthe des ISNARDS.

VI - Jean-Baptiste d’ALBERT écuyer, seigneur de Saint-Martin, avocat au parlement, reçu conseiller du roi auditeur et archivaire en la chambre des Comptes d’Aix suivant lettres de provisions du 16 mars 1618, et reçu en l’office de son père le 26 novembre 1620, baptisé le 28 juillet 1594 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, décédé à Aix le 30 janvier 1628, âgé de 33 ans, inhumé le lendemain aux Dominicains ; épouse par contrat passé le 21 janvier 1618 (Louis Gazel notaire à Aix), Marthe de MARGALHET âgée de presque 18 ans, née en février 1600 à Aix, fille de Claude, seigneur de Saint-Auquille, conseiller en la cour des comptes de Provence, et de Françoise de SIMIANE. D’où :

VII - Michel d’ALBERT écuyer, seigneur de Saint-Martin, avocat au parlement, conseiller du roi au siège de la sénéchaussée d’Aix suivant lettres de provisions du 11 juillet 1642, reçu le 11 octobre suivant en l’office cédé par son oncle Michel Albert, quitte cet office (qui est conféré à l’avocat Joseph Court) pour être reçu en celui d’auditeur-archivaire en la cour des Comptes d’Aix le 26 juin 1647, puis conseiller maître en la cour des Comptes le 8 novembre 1650 en l’office de Jean Augustin de Michaelis, baptisé le 26 novembre 1622 en l’église Sainte-Madeleine d’Aix, décédé à Aix le 24 août 1664, âgé de 41 ans, inhumé le lendemain au couvent des Dominicains ; épouse le 31 juillet 1639 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, et suivant contrat signé l’avant-veille (Beaufort notaire), Isabeau de THORON, âgée de 11 ans, née à Aix en 1628, fille de Jean-Baptiste, écuyer, seigneur d’Entrages, docteur en droit et avocat au parlement de Provence, conseiller au siège d’Aix, et de Catherine d’AGUT. D’où :

  1. Gabrielle d’ALBERT baptisée le 15 mars 1646 en la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix (parrain François de Margalhet sieur de Saint-Auquille, marraine Marguerite de Thoron).
  2. Jean-Baptiste d’ALBERT baptisé le 29 novembre 1648 en la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix (parrain Michel d’Albert sieur de Saint-Martin et chanoine de Saint-Sauveur d’Aix, marraine Isabeau de Thoron).
  3. Antoine qui suit,
  4. Claire d’ALBERT baptisée le 17 octobre 1651 en la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix (parrain Jean Charles de Thoron, marraine Françoise de Galice).
  5. Jean-Baptiste d’ALBERT de LA MILLIERE capitaine d’artillerie, lieutenant chevalier provincial de Mgr le duc du Maine maître de l’artillerie la commandant en Provence et à Monaco, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, il est reçu également dans l’ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem en 1683, devient seigneur de la Millière par son second mariage, baptisé le 21 mars 1654 en la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix (parrain Pierre d’Agut conseiller au parlement, marraine Magdeleine de Margalhet) ; épouse 1) Suzanne de VILLAGES. 2) le 12 août 1706 en l’église Saint-Martin de Marseille, Claire de VIRELLE de Marseille, fille de Jules, écuyer, seigneur de la Millière près Marseille, et de feue Marguerite de GUEYDON de PIERREFEU, les témoins du mariage sont François de Foresta Collongue, François Saint-Chef, d’Apt, Etienne Fouque, Jean-Baptiste Chabert. 3) le 5 juillet 1732 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, avec dispense de parenté du 4e degré, Gabrielle de PONTEVES-GIENS fille de feu Antoine François, chevalier, seigneur marquis de Pontevès Giens, et de feue Marguerite d’ANDREA de CHATEAUDOUBLE, en présence de François Hyacinthe Le Blanc de Boisvert, et autres. D’où :

    1. Du premier lit : Magdeleine d’ALBERT de LA MILLIERE épouse par contrat du 4 juillet 1724 devant Reynaud, notaire à Aix, Jean Alexandre de JASSAUD écuyer, seigneur de Thorame et sa vallée, âgé de 24 ans, né en septembre 1699, fils d’Annibal, écuyer, seigneur de Thorame, et d’Anne-Elisabeth de FABRY. Il teste le 12 septembre 1734.
    2. Gabrielle Anne Catherine d’ALBERT de LA MILLIERE épouse le 5 mars 1726 en l’église Saint-Martin de Marseille, suivant contrat le 9 du même mois, Jean-Louis d’ABEILLE PONTEVES âgé de 30 ans, né à Aix en 1695, fils d’André, chevalier, seigneur de la Rognette et en partie de Pontevès, et de feue Gabrielle de LHERAUD, en présence de Joseph d’Albert chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, enseigne d’une des galères du roi, le chevalier Joseph Antoine de Lévis, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, Henri Louis et Joseph de Saint-Jacques.
    3. Joseph Antoine d’ALBERT de LESSARD chevalier, lieutenant provincial de l’artillerie, décédé le 27 août 1778 à Aix, inhumé le lendemain dans le cimetière de la paroisse Saint-Sauveur, âgé d’environ 82 ans; épouse le 12 février 1722 en l’église Saint-Martin de Marseille, Anne Marguerite de VARAGES d’ALLEMAGNE, fille de Jean-Baptiste, écuyer, baron d’Allemagne, et autres places, conseiller secrétaire du roi maison et couronne de France et de ses Finances, et de Louise de SOUCHEYRON, en présence de Secret de Rousset, chevalier de Malte, commandeur capitaine d’une galère du roi, Joseph de Simiane chevalier, et Joseph de Lévis, chevalier, témoins requis. D’où :

      1. N. d’ALBERT de LA MILLIERE de LESSARD entre comme garde-marine à Toulon le 22 novembre 1744, enseigne de vaisseau du roi le 1er avril 1748, lieutenant de vaisseau le 15 mai 1756, décédé le 18 août 1767 à Calvi, sans alliance.
      2. N. d’ALBERT de LA MILLIERE garde-marine à Toulon le 28 septembre 1749, sous-brigadier le 28 mai 1754, meurt le 28 juin 1754 à Cherbourg, âgé de 23 ans ; était né en 1731 à Marseille.
      3. Thérèse Marguerite d’ALBERT de LA MILLIERE, épouse en l’église Saint-Martin de Marseille le 10 septembre 1765, suivant contrat passé la veille, Claude-Charles de PEYSSONNEL consul de Smyrne par provisions du 8 mai 1765, puis consul général en 1776, âgé de 38 ans, né à Marseille le 21 juillet 1727, fils de Charles (1700-1757), avocat au parlement de Provence, fondateur de l’Académie des Belles-Lettres de Marseille, comte papal, secrétaire d’ambassade à Constantinople puis consul de France à Smyrne, et d’Anne DUFOUR. Auteur de plusieurs mémoires historiques, il se retire à Paris, où il meurt sans postérité en mai 1790.

  6. Elisabeth d’ALBERT baptisée le 6 juin 1655 en la cathédrale d’Aix (parrain Michel d’Albert chanoine, marraine Catherine d’Agut).
  7. Catherine d’ALBERT baptisé le 6 novembre 1656 en l’église cathédrale d’Aix (parrain Gaspard d’Honorat écuyer de Pourcieux et conseiller au parlement, marraine Catherine d’Agut).
  8. Magdeleine d’ALBERT baptisée le 20 octobre 1658 en l’église cathédrale d’Aix (parrain Antoine de Saint-Marc, marraine Magdeleine de Marrot).
  9. Françoise d’ALBERT baptisée le 11 mai 1663 en l’église cathédrale Saint-Sauveur à Aix (parrain Henry de Laurens, marraine Françoise de Bourgogne).

VIII - Antoine d’ALBERT de SAINT-MARTIN puis DU CHAINE chevalier, seigneur de Saint-Martin d’Alignosc et de Fox-Amphoux (terre achetée et érigée en marquisat en juin 1719), maintenu noble par jugement de la commission du 4 octobre 1668, reçu avocat général au parlement de Provence par lettres du 23 février 1677 et reçu le 8 avril suivant en la charge de François Honorat, obtient le 14 mai 1694 lettres de provision de président à mortier audit parlement, en la charge de Lazare du Chaine dont il est héritier, réception le mois suivant, élu président honoraire, conseiller du roi en ses Conseils, obtient en 1719 l’érection de sa terre de Fox-Amphoux en marquisat, et joint le nom de Du Chaine ou Du Chesne au sien ainsi que les armes du Chaine, baptisé le 23 février 1650 en l’église cathédrale de Riez (parrain Frère Antoine de Margaillet, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, marraine Marguerite de Monier dame d’Eyguières), décédé à Aix à l’âge de 76 ans, inhumé au couvent des Minimes le 20 octobre 1726, épouse le 16 novembre 1675 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, Magdeleine de GUIDY fille de Dominique, conseiller au parlement de Provence, et de Magdeleine d’ANDRON ; en présence de Michel d’Albert premier chanoine de l’église basilique, oncle de l’époux, Joseph Templeri, auditeur en la cour des Comptes, cousin de l’épouse. D’où :

  1. Magdeleine d’ALBERT baptisée le 24 octobre 1676 en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain Michel d’Albert de Saint-Martin, chanoine de ladite basilique, marraine non nommée).
  2. Jean-Baptiste d’ALBERT baptisé le 12 septembre 1679 en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain messire d’Albert de Saint-Martin chanoine de Saint-Sauveur, marraine Marthe de Raousset).
  3. Louise d’ALBERT du CHAINE célibataire, décédée après 1751, née le 21 septembre 1680 baptisée le même jour en l’église Saint-Sauveur d’Aix (parrain Honoré de Guidy conseiller au parlement, marraine Magdeleine Louise de Conceil de Saint-Roman).
  4. Dominique d’ALBERT du CHAINE chevalier, qualifié marquis de Fos (pour Fox), reçu conseiller du roi au siège général d’Aix le 1er décembre 1707 en un office créé, signe Dalbert Du Chaine, né le 20 décembre 1681 baptisé le lendemain en l’église Saint-Sauveur (parrain Honoré de Guidy, écuyer, marraine Gabrielle de Boyer Bandol d’Artignosc), décédé le 3 mars 1718, inhumé le 6 au couvent des Minimes d’Aix ; épouse le 24 janvier 1708 en l’église de Rognes, avec dispense de parenté du 3e au 4e degré, Françoise de RAPHAELIS d’AGOULT de ROGNES, née 1692, fille de Jean-Baptiste Isidore, écuyer, seigneur de Rognes et de Valfère, et de Françoise de TEMPLERY. Elle meurt en 1766. D’où :

    1. Antoine Jean-Baptiste d’ALBERT du CHAINE né le 18 octobre 1714 à Aix, baptisé le même jour en l’église Saint-Sauveur (parrain Jean-Baptiste Isidore de Raphélis d’Agoult seigneur de Rognes son ayeul maternel, marraine Marguerite de Guidy son ayeule paternelle), mort jeune.
    2. Louise Françoise Gabrielle d’ALBERT du CHAINE domiciliée à Rognes, décédée après 1751.

  5. Marguerite Dorothée d’ALBERT du CHAINE baptisée le 30 octobre 1683 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, née le 29 (parrain Jean-François de Thoron, conseiller au parlement, marraine Dorothée de Rabasse de Vergons), épouse le 9 janvier 1704 en l’église cathédrale d’Aix, Jacques Elzéar d’ORCEL de BEZAURE seigneur de Plaisians, Guibert et Bezaure, trésorier général de France, âgé de 40 ans, né le 2 juillet 1663 à Apt, fils de Jean-Joseph, chevalier, seigneur de Plaisians et Besaure, avocat et juge d’Apt, trésorier général de France, et de Thérèse d’AUSTRIC de VINTIMILLE. Il meurt le 17 février 1713. D’où une fille mariée en 1722 au marquis de Marignane. 2) le 15 mai 1722 en l’église Sainte-Madeleine d’Aix, Joseph Paul de RICARD, chevalier, premier marquis de Ricard (1718), marquis de Brégançon, seigneur de Vacquières, Fuveau, Joyeuse-Garde et Sainte-Foy, conseiller du roi au parlement de Provence (1693), veuf d’Anne de GARNIER de JULHANS, né le 7 septembre 1665 à Aix, fils de feu Jean-Baptiste Jules, seigneur marquis de Brégançon de Joyeuse-Garde, conseiller au parlement, et de feue Louise de PIOLENC, les témoins du mariage sont Jacques Joseph de Lestang de Parade, conseiller en parlement, Antoine d’Albert du Chaine, chevalier de Malte, officier des vaisseaux du roi. Il meurt à Aix et est inhumé le 9 juillet 1741 au couvent des Dominicains d’Aix.
  6. Joseph d’ALBERT de SAINT-MARTIN du CHAINE chevalier de Malte en 1697, puis commandeur, né le 5 janvier 1685, baptisé le même jour en l’église cathédrale d’Aix (parrain Joseph Templery conseiller du roi, auditeur en la cour des Comptes, marraine Anne du Périer), décédé après 1751.
  7. Charles Antoine qui suit,
  8. Elisabeth d’ALBERT du CHAINE épouse le 24 février 1699 en l’église Saint-Sauveur d’Aix, Jacques Joseph de LESTANG-PARADE, chevalier, seigneur de Parade, conseiller du roi au parlement de Provence (1698), doyen du parlement d’Aix en 1748, né le 15 juin 1673 à Aix, fils de Guillaume, conseiller au parlement, et d’Angélique de SIMIANE LA COSTE de LA CEPEDE, les témoins sont Henry de Simiane, chevalier de Malte, Etienne Roubaud bourgeois, Jacques Caudin greffier aux Comptes, et Thomas Bouche prêtre bénéficier de Saint-Sauveur. Il meurt à Aix et est enseveli le 16 juillet 1751 au couvent des Dominicains.

IX – Antoine d’ALBERT du CHAINE dit le Chevalier du Chaine puis le Chevalier d’Albert, puis le Marquis d’Albert à son mariage, chevalier, marquis de Fox-Amphoux après son aîné, seigneur de Presle à Cussy en Morvan, Montmélian et autres lieux; chevalier de Malte, il sert dès l’âge de douze ans comme page du grand maître de Malte en 1698, entre comme garde de la marine à Toulon le 20 mars 1703, sous-brigadier des gardes du Pavillon le 1er novembre 1705, enseigne de vaisseau le 27 septembre 1707, il sert ensuite dans l’artillerie et participe au siège de Barcelone en 1714 où il reçoit une blessure au visage, commande un vaisseau de la Compagnie des Indes, est nommé lieutenant de vaisseau le 17 mars 1727, capitaine le 1e octobre 1731, participe à de nombreux combats en mer, mathématicien distingué, nommé membre associé de l’Académie des Sciences, directeur du dépôt des cartes et plans de la Marine à Paris le 1er octobre 1734, décoré de la croix de chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis le 24 avril 1746, breveté chef d’escadre à Toulon le 1er octobre 1747, il est fait prisonnier des Anglais en 1748 et 1749 puis libéré à la paix ; né le 2 avril 1686 à Aix, baptisé le même jour en l’église Saint-Sauveur (parrain Antoine de Margailhet sieur de Luynes, conseiller en la cour des comptes, marraine Marguerite de Bonnet), il meurt à Paris, d’une crise d’apoplexie, le 10 février 1751, âgé de 64 ans ; il quitte à 60 ans la croix de Malte pour se marier (mais sans doute pas pour fonder une famille puisque son épouse est âgée de presque 38 ans), à Paris, le 27 mai 1746, avec Augustine Catherine de BOISSET d'ARVILLE née à Paris le 23 août 1708, fille de Jérôme Augustin (1689-1744), dit le marquis d’Arville, seigneur d’Arville, brigadier des armées du roi (1719), mestre de camp du régiment de Cambrésis, gouverneur de la ville de Roye en Picardie (1725), chevalier de Saint-Louis, et de Marie Barbe JEUMONT. Séparée en biens de son mari, elle achète pour 130.000 livres la terre de Presle en Morvan, par acte du 20 août 1749 et reprise de fief le 21 novembre suivant, qu’elle revend en 1764 au sieur Berthier de Sauvigny, surintendant des affaires de la reine. La marquise d’Albert vit en 1779 à Paris, rue Cassette au faubourg Saint-Germain, et reçoit toujours, en 1789, une pension sur le trésor royal. D’où :

  1. N. d’ALBERT du CHAINE né posthume en 1751.

 

 
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